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Les TIC à l'appui du
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SommaireRésuméRésumé Introduction et buts de l'évaluation Contexte : le projet Parenté conjointe Questions d'évaluation Méthodologie Analyse des résultats Recommandations et conclusion Annexes Ce document représente le rapport de la sixième et dernière activité du projet Parenté conjointe : "Les TIC à l'appui du programme des femmes pour l'égalité de genre au Sénégal", mené par ENDA Tiers Monde avec le soutien du Centre de Recherches sur le Développement International (Initiative Acacia, Ottawa), relatif à l'évaluation du projet.
Le processus d'évaluation a consisté en la formulation des objectifs et questions d'évaluation ; l'identification d'une grille d'analyse et des questions thématiques soulevées par le projet, en termes de genre et de TIC ; le repérage et l'analyse des résultats ; la proposition de pistes de suivi ; la finalisation du rapport.
L'analyse met en relief que le projet a certainement atteint l'objectif qu'il s'était fixé : la sensibilisation de l'opinion publique sur la nécessité de modifier la législation sur les droits des parents. Cependant, la démocratisation du débat n'est pas suffisamment assurée, en termes de contenu, de stratégie de communication, d'actions de plaidoyer, d'alliances, de résultats concrets, et le rôle des TIC dans le changement social doit être approfondi.
Les recommandations portent sur les axes suivants :
Introduction et buts de l'évaluation
- En termes de contenu et d'action : parachever l'action au Sénégal, en passant de la phase de sensibilisation publique à la modification des articles du Code de la Famille pour la reconnaissance de l'égalité de droits des parents au Sénégal.
- En termes d'information et de formation : renforcer les potentiels d'action des organisations de femmes au Sénégal, en termes de capacités internes et de promotion des alliances pour la promotion de l'égalité de genre.
- En termes de communication et d'action en réseau : soutenir la participation active des organisations de femmes en Afrique francophone pour la mise en œuvre des recommandations de la Plate-forme d'Action de Beijing, et leur permettre de jouer leur plein rôle dans l'évaluation des recommandations lors de Beijing+10.
- En termes de recherche : approfondir la compréhension et l'action relative à la dimension des TIC pour le changement social, par l'établissement d'un savoir endogène sur l'impact social des TIC dans la construction d'une société tournée vers demain.
- En termes d'innovation : produire une méthodologie d'action sur la réduction des disparités et de l'exclusion, et la promotion des diversités.
Le Projet "Parenté conjointe, les TIC à l'appui du programme des femmes pour l'égalité de genre au Sénégal" a été mis en œuvre par ENDA Tiers-Monde, avec le soutien du Centre de Recherches pour le Développement International (Initiative Acacia, Ottawa), entre le 1er janvier 2001 et le 30 avril 2002.
L'hypothèse de base qui a sous-tendu ce projet peut s'énoncer ainsi : les TIC sont actuellement un moyen puissant et accessible aux femmes d'Afrique francophone et en particulier sénégalaises pour faire progresser l'agenda de la Plate-forme d'Action de Beijing, on peut le démontrer par une action sur les droits de la parenté.
L'objectif principal du projet était d'utiliser les ressources des TIC actuellement accessibles aux groupes de femmes au Sénégal pour transformer l'état de l'opinion publique afin de préparer une modification du statut juridique des femmes au Sénégal sur la question de la puissance parentale.
Les objectifs secondaires du projet, pour ce faire, étaient organisés en six séquences successives, dont la mise en œuvre fait l'objet du rapport technique du projet (présenté séparément) :
1. production et collecte de contenus endogènes ;Valeurs et principes de l'évaluation
2. retraitement de l'information en différents formats et niveaux ;
3. formation des organisations partenaires en utilisation des TIC pour la sensibilisation sur la puissance parentale ;
4. animation d'un site web supportant des activités de sensibilisation et de campagne ;
5. activités de sensibilisation et de campagne publique nationale et internationale ;
et :
6. évaluation, analyse, et mise au point d'un plan de suivi, qui fait l'objet du présent document.
Sans avoir la prétention d'être exhaustive, l'évaluation du projet tente de rendre compte de la gamme la plus vaste et diversifiée possible de thèmes et questions liés ou soulevés par le projet Parenté conjointe, dont l'identification s'appuie sur la participation des acteurs, personnes et organisations qui ont participé, bénéficié (ou insuffisamment bénéficié) des actions. La phase d'évaluation veut s'efforcer d'être génératrice d'apprentissage constructif pour les acteurs impliqués dans l'évaluation, notamment en déterminant de nouvelles pistes de recherche et d'action, et fondant une réflexion renouvelée sur les questions de relation de genre et de communication.
Objectifs de l'évaluation
- faire le bilan des activités réalisées dans le cadre de l'action et des modalités de réalisation de l'action.
- analyser ces résultats en fonction des objectifs du projet
- proposer un plan prospectif d'enracinement et d'approfondissement des thèmes soulevés par le projetContexte : le projet Parenté conjointe
Le Projet, connu sous le nom de Projet Parenté conjointe, avait pour objectif d'utiliser les technologies de communication basées sur Internet actuellement accessibles aux groupes de femmes au Sénégal pour transformer l'état de l'opinion publique afin de préparer une modification du statut juridique des femmes au Sénégal sur la question de la puissance parentale.
Son objectif en termes de genre était de prouver que les TIC sont actuellement un moyen puissant et accessible aux femmes d'Afrique francophone (et en particulier sénégalaises) pour faire progresser la mise en œuvre des recommandations de la Plate-forme d'Action de Beijing, et que cela peut être démontré par une action sur les droits de la parenté au Sénégal. Le détail de la mise en œuvre de ces actions fait l'objet du rapport technique présenté séparément.
Les actions menées ont consisté en la production d'une étude juridique de référence, validée par les organisations de femmes sénégalaises ; un recueil de nouvelles de presse écrite en français, des sketches sonores en français et en wolof, la formation des partenaires à l'utilisation des TIC (Technologies de l'Information et de la Communication). Tous les documents produits ont été publiés sur le site web du projet, inauguré en juillet 2001.
Puis ont été organisés des ateliers de plaidoyer/sensibilisation en direction de cibles stratégiques : les agences de coopération, les médias radiophoniques, les organisations de la société civile. Comme expliqué dans le rapport technique, l'évolution de la sensibilisation publique sur la question de la parenté conjointe a conduit à renoncer au projet de tenir les ateliers prévus en direction des services publics et des parlementaires. Les moyens ainsi dégagés ont renforcé l'activité d'évaluation.
Le projet, avant même son échéance, a donné lieu à d'autres actions complémentaires : forum virtuel, publication sur papier, plaidoyers divers.
Le projet a été mis en œuvre par une équipe d'environ 30 personnes (12 hommes et 18 femmes, la quasi-totalité d'entre elles basées au Sénégal, et pour deux tiers extérieures à ENDA). Au Sénégal, elle a directement impliqué environ 70 organisations au cours de sa mise en œuvre. Au-delà, plus de 350 organisations dans le monde ont été informées du projet, et environ 150 personnes ont participé au forum virtuel. Au total, plus de soixante documents ont été produits dans le cadre du projet, et publiés sous différents formats. Les représentant(e)s de 17 organisations de promotion des droits des femmes et de la personne ont été formées à l'usage des TIC, principalement à l'utilisation des listes électroniques. En fin de projet, la fréquentation du site famafrique (hébergeant le site Parenté conjointe) avait plus que doublé par rapport à la période avant projet (20.000 visiteurs/semaine contre 8.000).
Les recommandations émises à l'issue des ateliers de sensibilisation/plaidoyer en direction des groupes cibles ont porté sur :
Questions d'évaluation- La création et l'animation de réseaux en "Genre et TIC", "Genre et médias"
- La production d'information sur et pour les femmes (CD-Rom thématiques, sites web spécialisés par pays ou par thème)
- Le développement d'actions concertées sur la liaison Internet et autres médias (notamment radiophoniques), notamment sur les thèmes "Parenté conjointe et égalité de genre" et "Entendu sur le web"
- L'organisation d'un plan d'enracinement de la communication sur la Parenté conjointe, modulé selon les publics et les acteurs ;
- La mise au point d'une stratégie concertée d'approche entre les différentes cibles : organisations, parlementaires, exécutif, approche institutionnelle, partis politiques ;
- La facilitation de formations transversales et collectives à la technique et à l'usage d'Internet
- La participation aux actions de lobby sur les questions de régulation des TIC au Sénégal et dans le monde, notamment lors des conférences à venir (Dakar 2003, Genève 2003)
- La démocratisation de l'accès et des possibilités d'actions sur les textes fondateurs, y compris en matière de code des télécommunications.Les questions auxquelles devait répondre le processus d'évaluation du Projet ont été cernées à partir de discussions avec les membres du groupe thématique.
Le consensus s'est facilement établi pour admettre que le Projet Parenté conjointe a indubitablement eu un impact dans l'évolution de la sensibilisation de l'opinion publique sur la question de la parenté conjointe au Sénégal, qui a permis de préparer une modification juridique du statut de la parenté (proposition de projet de loi par les services publics, intensification de la médiatisation de la question).
Toutefois la quantification de cet impact n'est pas aisée :
- d'une part du fait que le projet est venu appuyer un mouvement déjà engagé par nombre d'autres activités et organisations
- d'autre part parce que les résultats de fond du projet ne relèvent pas du quantitatif mais du qualitatif.De ce fait, les membres de l'équipe d'évaluation et du groupe thématique ont retenu que l'évaluation de la mise en œuvre du Projet Parenté conjointe devrait bien plus accorder crédit aux indicateurs qualitatifs du changement, appliqués aux catégories cibles des populations ciblées par le projet.
La question centrale que pose l'évaluation du projet se formule ainsi :
Quel plan d'action envisager à court/moyen terme pour enraciner les germes semés par les questions posées par le projet ?A partir de la liste des thèmes soulevés lors de la rencontre du groupe thématique, les questions ont été regroupées et formulées dans les registres suivants :
1 - Comment parachever l'action Parenté conjointe au Sénégal, et passer de la sensibilisation publique à la modification des textes ?
2 - Comment renforcer l'action du mouvement des femmes au Sénégal, tant en termes de capacités internes qu'en termes de consolidation des alliances (avec les hommes, les médias, les pouvoirs publics, et sur la question religion/tradition)
3 - Comment élargir l'action pour la mise en œuvre des recommandations de la Plate-forme d'Action de Beijing en Afrique francophone ?
4 - Comment approfondir la compréhension et l'action relative à la contribution des TIC au changement social (en termes d'égalité de genre, de promotion de la gouvernance, de liaison du local et de l'international, de recherche et de capitalisation du savoir) ?
5 - Comment réduire contre les disparités et les exclusions, et promouvoir les diversités ?
Méthodologie d'évaluation
L'évaluation de la mise en œuvre du projet a été faite à partir de la Méthodologie d'évaluation en genre proposée par le Réseau d'Appui au Programme des Femmes de APC (APCWNSP) (mise au point avec le soutien du CRDI), présentée en anglais sur le site web : http://www.apcwomen.org/gem et traduite en français par ENDA (hors projet). L'application de cette méthodologie au Projet Parenté conjointe a été retenue par APCWNSP comme un des tests locaux de la méthodologie en cours de programmation.
Le processus d'évaluation a été pilotée par une équipe d'évaluation de trois personnes (trois femmes) spécialisées en TIC et genre, qui s'est attachée à fixer le cadre du processus.
Les objectifs, valeurs et questions d'évaluation ont été cernés en concertation avec un conseil thématique de quatre personnes (deux femmes et deux hommes) représentant les principales dimensions du projet : femmes, droit, médias et sciences sociales.
La rencontre des acteurs (neuf femmes et trois hommes) a tracé un premier bilan des résultats du projet, en termes de forces et de faiblesses (voir Annexe).
La grille d'analyse des résultats a été adoptée autour de deux thèmes :
- la promotion de l'égalité de genre (statut parental) etet selon quatre catégories d'acteurs :
- l'utilisation des TIC pour le changement social (la e-gouvernance)
- les femmes/les relations de genre ;
- les puissances publiques/les décideurs ;
- les alliés potentiels ;
- les antagonistes /l'opinion publique.Analyse des résultats
Le mérite du projet a été d'ouvrir le débat sur la parenté conjointe dans l'opinion publique, et de démarrer ce qui a été qualifié de "pré-campagne" active de sensibilisation : la question de la parenté conjointe n'est maintenant plus taboue, elle a été appropriée par l'opinion publique, au moins dans les villes. A l'appui de cette action, un argumentaire et un matériel de campagne ont été produits, la presse a été sensibilisée, un espace public d'expression a été créé, une large gamme d'organisations et de personnes-clé ont été associées.
Cependant, divers facteurs ont limité la portée de l'action :
Le détail des résultats du projet, tel que dressé par l'équipe d'évaluation est présenté en annexe. Il serait intéressant d'analyser ce bilan sous forme d'interrogation sur le potentiel des TIC en termes de changement social.
- Contenu thématique : les concepts, terminologies et contenus n'ont pas été standardisés ; cela a nui au débat en permettant diverses interprétations et argumentations, notamment par les opposants au changement. L'argumentaire n'a pas été suffisamment clair (notamment du point de vue de la religion et des femmes non actives dans le secteur formel) ; les enjeux n'ont pas tous été suffisamment expliqués.
- Stratégie de communication : la stratégie a été peu diversifiée, trop centrée sur l'utilisation des TIC. Le plan de communication médiatique n'a pas été suffisamment approfondi et organisé. Le fonds documentaire rassemblé n'a pas été assez diffusé. Le débat ne s'est pas suffisamment internationalisé/régionalisé. Les représentants de la presse qui ont été sensibilisés n'ont pas eu un impact suffisant, ce qui a permis à ceux qui n'ont pas compris le fond du projet de manipuler l'espace médiatique.
- Actions de lobby : les décideurs n'ont pas été approchés par des rencontres inter-personnelles, il n'y a pas eu de plan de lobby.
- Alliances : L'appui des religieux progressistes et des femmes décideurs a été faible, les pouvoirs publics n'ont pas participé aux actions, les jeunes n'ont pas été associés au débat et au plaidoyer, les femmes rurales ont peu participé, le débat est resté cantonné à une élite urbaine, l'appui des hommes a été faible, y compris dans les sphères intellectuelles, les femmes journalistes auraient pu davantage contribuer. Le projet n'est pas descendu à la base.
- Résultats concrets : Un projet de réforme de loi a été proposé pour discussion, mais n'a pas été présenté au vote. La proposition de projet de réforme ne semble pas répondre à la totalité de la question soulevée (harmonisation législative limitée au Code de la famille, maintien de la notion de chef de famille).
- Le rôle stratégique des TIC n'a pas été suffisamment mis en avant dans la mise en œuvre du projet, les ressources en TIC ont été insuffisamment exploitées, la sensibilisation du rôle des TIC dans le changement social est restée limitée aux participants déjà convaincus, la participation à la campagne par les TIC a été faible, et surtout marquée par l'absence des décideurs ; la question de la e-gouvernance n'a pas fait l'objet d'appropriation.
Conclusion et recommandations
Le projet a eu un impact certain en atteignant son objectif de sensibilisation de l'opinion publique, mais la modification du Code n'est pas encore effective. Les acteurs se sont accordés sur la nécessité de conforter l'action, dans la ligne des cinq questions d'évaluation.
Les recommandations faites dans ce sens sont formulées selon quatre points :
La question "quand ?" a trouvé une réponse identique pour chacune des actions : il s'agit de démarrer les actions de suivi le plus tôt possible, pour qu'elles puissent être achevées d'ici trois ans (2005), date d'échéance de l'application des engagements relatifs à la mise en œuvre de la Plate-forme d'Action de Beijing.
- quoi (quel objectif) ?
- qui (partenaires et bénéficiaires de l'action) ?
- comment (quelles modalités) ?
- où (trouver les moyens et mener l'action recommandée) ?
1 - Action sur le contenu : Parachever l'action Parenté conjointe au Sénégal
Objectif : : Passer de la phase de sensibilisation publique à la modification des articles du Code de la Famille pour la reconnaissance de l'égalité de droits des parents au Sénégal.
Justification : : Le projet Parenté conjointe a certes joué un rôle catalyseur pour faire passer un débat interne, déjà mené par de nombreuses organisations de femmes actives au Sénégal, dans le champ de la sensibilisation de l'opinion et des pouvoirs publics.
Cependant, le débat public actuellement mené sur cette question au Sénégal demeure limité, partisan, non contradictoire. Encore mal perçu par l'opinion publique, il est susceptible de manipulations ou de dérives potentiellement contre-productives.
Les pouvoirs publics et les décideurs ont montré avoir bien perçu l'évolution des termes du débat, et manifesté leur ouverture à y répondre, en proposant un projet de modification de la loi. Cependant, cette disposition n'a pas été concrétisée, ce qui peut signifier qu'il est encore risqué, selon eux, d'entériner un changement, notamment dans un contexte actuel porteur d'enjeux.
Il s'agit donc maintenant de concevoir et d'organiser un plan d'action en synergie pour concrétiser les avancées obtenues actuellement sur la question de la reconnaissance de l'égalité des droits des parents au Sénégal (cet objectif pouvant être élargi à l'harmonisation de la législation sénégalaise avec les dispositions recommandées par la CEDAW), impliquant - de manière coordonnée - l'ensemble des organisations de femmes actives au Sénégal sur la question, ainsi que, de manière plus systématique et paritaire, les hommes, en partenariat avec les médias. Le but de ce plan d'action sera de réduire l'aspect élitiste du débat sur les droits de la parenté (et l'égalité de genre) par la démocratisation de l'information, permettant ainsi aux pouvoirs publics de pouvoir jouer leur rôle.
Partenaires : : Il serait souhaitable qu'une coalition d'organisations sénégalaises de promotion des droits des femmes et de la personne se constitue pour coordonner l'action. En feraient partie les organisations de femmes juristes, les organisations militant pour la promotion des droits de la personne, les juristes sénégalais, les pouvoirs publics, les organisations de femmes et de la société civile concernées.
Actions :
Appuis : Les organisations de coopération au développement actives en termes de promotion des droits de la personne, des droits des femmes et de la communication pour le développement devraient être approchées, dans la perspective de la préparation de Beijing + 10.
- Identifier et formaliser une coalition d'organisations conduisant cette action.
- Approfondir, harmoniser et vulgariser dans l'opinion publique (au-delà de l'élite actuellement sensibilisée), l'argumentaire sur la parenté conjointe,
- en liaison étroite avec les communicateurs et les médias (y compris radios et en langues locales) pour la production et la vulgarisation des messages,
- appuyé par une action concertée de lobby auprès des pouvoirs publics, des décideurs et des leaders d'opinion (y compris religieux),
- envisager au besoin la possibilité de passer de la sensibilisation publique à l'action juridique locale, régionale ou internationale.
2 - Formation et information : Renforcer l'action du mouvement des femmes au Sénégal
Objectif : : Renforcer les potentiels d'action des organisations de femmes au Sénégal, tant en termes de capacités internes qu'en termes de promotion des alliances pour la promotion de l'égalité de genre.
Justification : :Le Projet a donné lieu à un regain d'activité des organisations de femmes sur ces questions, notamment en termes de participation au débat médiatique et de plaidoyer. Des actions de formation et de sensibilisation ont été menées en termes d'utilisation des TIC à l'appui des actions des femmes et de la société civile.
Les constats issus de la mise en œuvre de ce projet ont cependant fait apparaître que, pour mieux jouer leur rôle au sein de la société, les organisations de femmes devraient renforcer :
- leurs capacités internes (développement institutionnel, planification stratégique, notamment en termes de communication, renforcement des capacités de plaidoyer et de lobby)
- et leurs capacités de construction d'alliances, notamment en direction des hommes, des médias, des pouvoirs publics, et du débat sur la religion.Partenaires à la mise en œuvre : Une action d'identification et de mise en réseau d'organisations potentiellement actives pour la promotion des capacités d'action des organisations de femmes devrait être engagée, tant au plan national que dans les aires de même appartenance culturelle et linguistique.
Actions :
Appuis :
- Identifier les organisations et ressources existantes, en termes de capacités et d'alliances, à l'intérieur et à l'extérieur du mouvement des femmes, et de la zone géographique et linguistique considérée.
- Tenir des réunions de concertation stratégique avec ces acteurs et alliés pour identifier les principaux besoins à combler, les ressources potentielles, les méthodologies de mise en œuvre à mettre en place
- Créer un réseau supportant la mise en œuvre des activités
- Evaluer les actions
Les organisations de coopération au développement actives en termes de promotion de l'égalité de genre, de formation, d'information et de communication devraient être intéressées à appuyer ces actions.3 - Communications et réseaux :Elargir l'action à la mise en œuvre des recommandations de la PFAB en Afrique francophone
Objectif : : Soutenir la participation active des organisations de femmes actives en Afrique francophone pour la mise en œuvre des recommandations de la Plate-forme d'Action de Beijing, et leur permettre de jouer leur plein rôle dans l'évaluation des recommandations lors de Beijing+10.
Justification : Le Projet Parenté conjointe a démontré que les TIC sont un outil accessible, utile et efficace dans la promotion de thèmes importants pour la promotion de l'égalité de genre, en Afrique francophone. Le défi, qu'il est tout a fait réaliste d'envisager de relever, est d'étendre à l'ensemble de la sous-région Afrique francophone l'appropriation de ces outils aux autres thèmes de la Plate-forme d'Action de Beijing, en liaison avec les autres initiatives envisagées dans le reste du monde. Dans la perspective de Beijing +10 et par rapport aux tentatives précédemment menées (entre la Conférence de Beijing et la Conférence Beijing+5), cela constituera une avancée qualitative certaine pour l'Afrique francophone.
Partenaires : Les réseaux et organisations d'ONG de femmes impliqués dans le suivi de chacun des 12 thèmes de la PFAB, les réseaux africains et mondiaux de femmes impliqués dans la promotion de l'utilisation de la communication électronique pour et par les groupes de femmes.
Actions :
Appuis : : Les organisations de la coopération internationale et régionales, bilatérales et non-gouvernementales appuyant le mouvement des femmes et promotrices de la mise en œuvre de Beijing+10 et de la promotion de l'utilisation des TIC à cette fin.
- Concertation avec les partenaires sur les thèmes prioritaires et modalités d'action
- Concertation avec les organisations d'Afrique francophone (à partir des réseaux déjà constitués)
- Animation d'une action de communication et plaidoyer/lobby autour de thèmes fédérateurs de la PFAB
- Plan d'actions locales de sensibilisation et plaidoyer.
- Participation aux évènements préparatoires et à la conférence Beijing+10
4 - Recherche : Approfondir la compréhension et l'action relative à la dimension des TIC pour le changement social
Objectif : : Etablir un savoir endogène sur l'impact social des TIC dans la construction d'une société tournée vers demain.
Justification : : Que les TIC soient un outil actuel et pertinent pour le changement social n'est plus à démontrer, cependant il reste encore beaucoup à faire pour que l'usage de ces potentiels soit démocratisé et effectif. Le bilan fait de la mise en œuvre de ce projet en fournit un exemple qu'il serait pertinent de détailler.
En Afrique francophone, et notamment au Sénégal, Internet n'est plus maintenant une nouveauté, mais reste encore cantonné dans des sphères de savoir et de pouvoir très circonscrits, relevant de la technique, des infrastructures, de l'économie (formelle), de la gestion de l'information... De nouveaux domaines de savoir sont en cours de défrichement (au plan juridique ou géographique, par exemple). Mais une très large gamme de savoirs sociaux sont encore inexplorés quant à l'impact des TIC sur la société sénégalaise et ouest-africaine, dans les domaines des sciences sociales traitant des aspects les plus fondamentaux du développement des communautés africaines (par exemple : l'histoire, l'art, la culture, la linguistique, la sociologie, la psychologie, l'éthique …).
Faire un état multidisciplinaire du savoir endogène dans ces sphères semble maintenant s'imposer comme une nécessité, tout en prenant garde (bien au contraire) à ne point favoriser le développement d'un savoir élitiste, cantonné au seul domaine de la recherche institutionnelle. Les savoirs populaires, notamment en termes de contenus, de culture, de communication, doivent en même temps être identifiés, promus et valorisés, et confrontés aux précédents, sans quoi cette action renforcerait l'uniformisation plutôt que la diversité.
Partenaires : : Une représentation coordonnée des différentes branches de production de savoir institutionnel et non-formel, en termes de sciences sociales et de changement social (entre autres, liste non limitative : université et centres de recherches, institutions de formation, services publics et de la société civile, acteurs sociaux, y compris dans leur dimension genre et jeunesse).
Actions :
Appuis : : Les organisations de promotion du changement social, notamment actives en termes de recherche et d'action, de promotion du savoir, de compréhension et d'action sur la mondialisation, au plan local, régional et mondial ; les structures de promotion et développement des usages des TIC.
- Lancer un processus local d'interrogation des disciplines et champs sociaux pour les interroger sur les enjeux des TIC pour le changement social, et les champs de recherches explorés ou à explorer.
- Initier un chantier de recherches et de capitalisation du savoir fondamental et appliqué en termes de TIC et changement social
- Promouvoir la contribution des savoirs locaux dans les débats mondiaux, pour renforcer la participation pro-active des sociétés africaines dans le processus de mondialisation.
5 - Innovation : Réduire disparités et exclusions, et promouvoir les diversités
Objectif : : Produire une méthodologie d'action sur la lutte contre les disparités et l'exclusion, et la promotion des diversités, par le biais d'une recherche-action.
Justification : Un des résultats inattendus du Projet a été la mise en évidence de deux carences importantes : bien que passé dans le débat public, le contenu du projet n'a pas suffisamment associé et impliqué les femmes "de la base" (des milieux populaires et du monde rural en particulier) et les hommes (en particulier dans la discussion virtuelle sur la promotion de l'égalité de genre).
Ces deux thèmes posent certes problème dans le monde entier, mais revêtent une dimension sûrement cruciale, et originale dans notre sous-région, tant en termes de TIC que de promotion de l'égalité de genre. Ils méritent d'être approfondis, tant en termes de recherche que d'action.
Il serait probablement souhaitable de les aborder en relation avec une autre dimension critique de la mondialisation de la société, celle de la promotion des diversités, et de mener une action démonstrative liant recherche et action.
Partenaires :
Les catégories marginalisées en termes de participation au débat et à l'action sur la promotion de l'égalité de genre et de l'utilisation des TIC (femmes "de la base" et hommes), ainsi que les représentants des organisations qui les appuient, et les organisations localement, régionalement et mondialement actives en termes de promotion d'égalité de genre et de TIC.Actions :
Appuis : : Les organisations d'appui aux catégories marginalisées, en termes d'égalité de genre et de TIC, notamment en termes de recherche.
- Identification des partenaires et leurs représentants, concertation sur les contenus, savoirs et méthodes prioritaires à explorer, agenda et calendrier,
- Mise en œuvre d'une action démonstrative,
- Production de recherche et de méthodologies d'échanges et de dialogue.
Annexes
Ont participé à l'évaluation du projet Parenté conjointe :
Equipe d'évaluationMarie-Hélène Mottin-Sylla ENDA Femme Ramata Thioune CRDI/Acacia Femme Fatimata Seye Sylla OSIRIS Femme Conseil thématiqueDior Fall Association des Femmes Juristes du Sénégal Femme Aminata Toure UNIFEM Femme Simon Meledge ENDA Homme Dr. Mamadou Mbodj Université Cheikh Anta Diop Homme ActeursFatou Bintou Diop Siggil Jigéen Femme Adama Ndiaye Diouf Ministère de la Famille et de la Petite Enfance Femme Tiné Ndoye Femmes Rurales et Développement Femme Yéya Birane Wane RADDHO Femme Maty Diaw Ministère de la Famille et de la Petite Enfance Femme Marie Sagna ENDA Femme Abdoul Aziz Sall CONGAD Homme Assane Mbaye Faculté de droit Homme Me Demba Ciré Bathily Amnesty International Homme
Bilan du Projet Parenté conjointe (Rencontre des acteurs, 23 avril 2002
Forces constatées Faiblesses constatées- Ouverture du débat sur la parenté conjointe
- Elaboration d'un matériel de campagne- Campagne active de sensibilisation - Bonne sensibilisation de l'opinion, la question n'est plus taboue
- Bonne information en direction des membres de la presse
- Adhésion et démarche militante des membres de la presse
- La question de la parenté conjointe est devenue une question sociale, au moins au niveau des villes
- Le débat est public, c'est l'essentiel
- Les femmes se sont appropriées la question de la parenté conjointe qui remet en cause un statut quo millénaire, les femmes des villes tout au moins.
- Les femmes rurales ont été associées- Le débat a été posé mais il y a eu des problèmes d'approche
- Les concepts (contenus) n'ont pas été standardisés
- L'argumentaire sur la Parenté conjointe n'a pas toujours été clair
- Les enjeux n'ont pas toujours été clairement expliqués
- Les moyens et médiums de sensibilisation ont été peu diversifiés
- Les médias n'ont pas pleinement joué leur rôle
- Manque de cohésion et de cohérence dans la stratégie de communication et d'organisation de l'action des médias
- La manière de vulgariser favorise l'incompréhension
- L'espace médiatique a été utilisé par ceux qui n'ont pas compris
- Les actions de lobbying ne semblent pas avoir été planifiées
- Les décideurs n'ont pas été approchés par des rencontres interpersonnelles
- Absence (de diffusion) du fond documentaire
- Le débat s'est peu internationalisé/régionalisé (pas de recours aux alliés extérieurs)- Faible impact de l'action des membres de la presse sensibilisés à la question
- Le projet de loi n'est pas passé
- Les femmes rurales ont peu participé
- Faible appui des religieux progressistes
- Pas de réponse des puissances publiques
- Les jeunes ont été peu associés au débat et au plaidoyer
- Le projet devait associer les femmes rurales dans les groupes thématiques
- Les femmes décideurs ont apporté un faible appui
- Le projet n'est pas descendu à la base
- Faible participation de la grande masse (par exemple femmes rurales)
- Faible appui, voire résistance des hommes (y compris parmi les plus intellectuels)
- Les femmes journalistes auraient pu mieux contribuer, leurs collègues hommes ont eu souvent un traitement de "mâle- Limitation de la portée des résultats (analysée à partir de la proposition de loi déposée par le gouvernement suite à la mise en œuvre du projet parenté conjointe) :
- La proposition propose une réforme du seul code de la famille
- La proposition ne résout pas certaines difficultés inhérentes à l'exercice conjoint de l'autorité parentale
- La proposition le loi est hésitante, elle maintient la notion de chef de famille
- Certaines dispositions du projet sont mal rédigées
- Il subsiste un défaut de réflexion sur les modes alternatifs de règlement des conflits familiaux.- L'impact des TIC sur la campagne est faible, vu le nombre de participants et l'absence de participation des décideurs
- Incompréhension de la e-gouvernance
- Les ressources des TIC ont été insuffisamment exploitées
- Faible corrélation entre les TIC et la parenté conjointe, accent mis plus sur la sensibilisation sur la parenté conjointe que sur les TIC et la parenté conjointe
- Le lien entre TIC et parenté conjointe n'était pas évident, le débat s'est fait entre personnes convaincues.