| Le réseau genre et TIC (regentic) Promouvoir l'égalité de genre dans la société de l'information |
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Informations
enda environnement et développement du tiers monde : synfev@enda.sn
OSIRIS - Observatoire des systèmes d'informations, réseaux et inforoutes au Sénégal : osiris@osiris.sn
ART - Agence de régulation des télécommunications : art@art.sn
Citoyennes de la société de l'information
Projet Prendre en compte le genre dans les politiques de TIC
Eléments de plaidoyerMis en oeuvre avec l'appui de Open Society Initiative West Africa (Dakar, Sénégal)
et Association Mondiale pour la Communication Chrétienne (WACC, UK)"Genre et politiques de TIC : priorité au monde rural, à l'éducation et aux contenus"
Compte-rendu du Panel Régentic, Fete de l'Internet 2004 au Sénégal, 20 mars 2004
Le Panel "Genre et politiques de TIC : argumentaire et stratégies de plaidoyer", organisé par le Réseau Genre et TIC le 20 mars 2004 au Campus Numérique Francophone de Dakar, à l'occasion de la Fête de l'Internet au Sénégal, a rassemblé 65 participants.
Safietou K. LY, rédactrice en chef de Sud Communication, a présenté le manuel en cours de rédaction sur les enjeux politiques de la société de l'information dans la perspective des femmes africaines. Destiné aux acteurs et décideurs de la société de l'information intéressés par les questions de genre et de TIC, il est rédigé dans un texte simple et didactique et humanisé, complété par des encadrés et des illustrations graphiques. Il explique l'importance et l'actualité des enjeux de l'égalité de genre dans le secteur des TIC, les grandes lignes de l'argumentaire sur le genre et les TIC, et donne un aperçu des espaces de plaidoyer aux niveaux international, régional, national et local, et se complète d'une section ressources et un glossaire.
Safietou Diop, présidente de Siggil Jigéen, atteste de l'intérêt de cet outil de plaidoyer pour faciliter l'accès des femmes africaines aux outils leur permettant de répondre à leurs propres problèmes que sont la pauvreté, les préjugés et les pratiques néfastes. Dans le monde entier, les TIC sont utiles à la promotion tant des femmes que de la qualité de vie, car elles permettent de repenser de façon locale comment résoudre les inégalités. Elles créent les conditions d'une solidarité régionale et mondiale, pour rehausser le statut infériorisé des femmes : les femmes doivent créer leurs propres contenus pour répondre à leurs propres problèmes.
Les organisations de femmes ont commencé à pratiquer des stratégies de plaidoyer sur l'accès aux TIC et de formation aux techniques, de production de contenus, d'action concertée régionale, de mise en réseaux virtuels, et de vulgarisation auprès des femmes rurales, bien que leur action soit limitée par la faiblesse de leurs moyens et leur surcharge de travail. La participation précoce et vigilante des femmes dans la négociation sur la solidarité numérique est un enjeu majeur à l'heure actuelle pour assurer la place des femmes dans la société de l'information.
Fatimata Seye Sylla a souligné différents thèmes que le plaidoyer doit développer :
- L'implication des hommes (notamment les jeunes) dans le changement pour l'égalité de genre.
- La réduction des disparités comme référent central des politiques de TIC. Celles-ci doivent s'évaluer prioritairement à l'aune de la situation du monde rural et des catégories défavorisées et s'attaquer aux causes des disparités que sont la pauvreté et les traditions néfastes. Les politiques doivent avoir pour but d'inciter le secteur de l'entreprenariat à investir dans le monde rural.
- La promotion de l'appropriation communautaire en faveur des plus pauvres, ainsi que de la place et du savoir des femmes dans la production et la circulation du savoir.
- La place primordiale de politiques éducatives universelles à long terme.
- La promotion de la production de contenus, de valeurs culturelles et de l'expertise des femmes (par exemple : commerce, éducation)
- Les responsabilités spécifiques des acteurs : les pouvoirs publics doivent agir (fonds universel d'accès universel) et inciter (tarification) les opérateurs pour qu'ils amènent les infrastructures (électricité, téléphonie) dans le monde rural, et la société civile, citoyenne et associative doit agir dans les zones / en faveur des catégories défavorisées
Ramata Thioune souhaite que le manuel :
- articule une vision holistique intégrative et conjointe des thèmatiques genre et TIC, pour que le genre ne soit plus considéré comme un simple greffon additionnel aux politiques de TIC.
- détaille l'aspect concret de la mise en œuvre des politiques, tant dans leur aspect correctif qu'anticipatif
- soit rédigé dans un style rigoureux pour refléter les réels et sérieux enjeux des TIC pour le développement
- donne davantage d'indications sur les acteurs nationaux et locaux (décentralistation)
- organise la partie Stratégies en recommandations à long, moyen et court terme
- cite davantage d'exemples ponctuels parlants de nature à convaincre les décideurs et à faciliter l'appropriation du plaidoyer.
Tijane Seck a contribué sur la vision conjointe genre et TIC :
- Quand les filles ont les mêmes chances éducatives que les garçons, la parité des résultats est assurée. La question centrale est l'éducation : La priorité est l'infrastructure, l'équipement et la formation des formateurs (au-delà des actions pilotes).
- Les facteurs créant les inégalités de genre ont souvent pour origine le milieu rural, c'est là qu'il faut agir en priorité.
- Les contraintes plus sévères appliquées aux filles (ex : facilités de déplacement) peuvent être allégées si l'on crée les conditions de la confiance.
- Toutes les actions visant à renforcer le leadership féminin contribueront à placer le genre au centre des préoccupations.
Olivier Sagna souligne que le genre ne représente qu'une parmi les multiples lignes de fracture (âge, revenu, origine, localisation, etc)
Les débats, dirigés par Ndeye Maïmouna Diop Diagne, ont complété les présentations sur les points suivants :
- L'intérêt de considérer les besoins des femmes rurales, et les autres catégories de femmes marginalisées (vivant avec un handicap, le SIDA…) comme critère permettant d'évaluer les politiques de TIC, et notamment dans les domaines de l'analphabétisme et de l'insécurité
- La nécessité d'agir sur les mécanismes produisant la discrimination
- Le besoin de davantage d'informations sur les institutions et programmes qui mettent en œuvre les politiques, notamment sur leurs allocations de ressources financières et humaines qui permettent la mise en œuvre des politiques.