famafrique Contribution des TIC à l'abandon de l'excision en Afrique francophone Rôle citoyen des jeunes enda
famafrique

Un projet de recherche réalisé grâce à une subvention du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI, Ottawa, Canada)

enda

Espace de travail de l'équipe de recherche (accès restreint)

Forum virtuel<MGF-TIC> : " TIC&MGF, jeunes et citoyenneté en Afrique"

Le forum <MGF-TIC> est une activite du projet "Contribution des TIC a l'abandon des MGF en Afrique de l'Ouest francophone, role citoyen des jeunes",réalisé par ENDA (Environnement et Developpement du Tiers Monde, Dakar, Senegal) avec le soutien du CRDI (Centre de Recherche sur le Developpement International, Ottawa, Canada). Il s'adresse plus particulierement aux jeunes de 15 a 25 ans, aux institutions actives dans les domaines des Mutilations Genitales Feminines (MGF), des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), de la jeunesse et du developpement communautaire, et de l'integration des politiques africaines; aux chercheurs, aux decideurs communautaires, civils et politiques.

Messages d'introduction et synthèses des discussions des thèmes du Forum

1 : "Evolution des problématiques et stratégies d'intervention" du 25/06/2007 au 15/07/2007 Introduction par Dr Morissanda Kouyate, Directeur des Opérations du CI-AF - Synthèse
2 : "Dixieme anniversaire de la Declaration de Malicounda, qu'est ce qui a change ?" du 16/06/2007 au 05/08/2007, lancement par le Comite Villageois de Malicounda  - Synthèse
3 : "Tentatives et experiences pour utiliser les TIC dans le cadre de l'excision" du 06/08/2007 au 26/08/2007, lancement par AIDOS - Synthèse
4 : "La recherche institutionnelle et la recherche communautaire" du 27/08/2007 au 16/09/2007, lancement par Chercheures nationales - Synthèse
5 : "TIC et participation citoyenne des jeunes : obstacles et opportunites" du 17/09/2007 au 7/10/2007 , lancement par Roguiyatou Thiam (GEEP) - Synthèse
6 : "Applications de tic pour les jeunes : la couche MGF " du 08/10/2007 au 28/10/2007, lancement par Fatimata Seye Sylla (Book Jàng) - Synthèse
7 : "Lier la communication traditionnelle et la communication numérique pour abandonner l'excision" du 29/10/2007 au 18/11/2007, lancement par Mamadou Ben Chérif Diabaté, President du Réseau des Communicateurs Traditionnels d'Afrique - Synthèse
8 : "Creativite de terrain" du 19/11/2007 au 09/12/2007, lancement par Associations des Jeunes partenaires du projet - Synthèse
9 : "Le Fonds de Solidarité numérique : quel appui à l'innovation citoyenne ?" du 10/12/2007 au 20/12/2007, lancement par M Amadou Top Vice president du Fonds de solidarite numerique - Synthèse
10 : "Participation citoyenne des jeunes à l'ère numérique" du 31/12/2007 au 20/01/2008, lancement par M. Neil Ford, UNICEF-Afrique de l'Ouest
- Synthèse
11 : "Participation citoyenne des jeunes à la préparation d'un projet sous régional de législation sur les MGF" du 21/01/2008 au 10/02/2008, lancement par M. Momar Lo, Ancien député du Sénégal, Ancien coordonnateur du Réseau des Parlementaires Sénégalais - Synthèse
Cloture :" Evaluation, synthese et cloture" du 11/02/2008 au 25/02/2008
- Synthèse

Evaluation

Toute action entreprise impliquant des acteurs se doit d'être évaluée. C'est ce qui a justifier, que sur une période de deux semaines, vous aviez été invites a vous prononcer sur l'impact que le fait d'avoir participe a ce cadre d'échange et de réflexion qu'est le forum, a produit sur vous et votre entourage. Ce type d'évaluation qu'on pourrait qualifier d'évaluation d'impact ou de satisfaction a permis d'interroger tous les participants, "à chaud", c'est à dire immédiatement à la fin des discussions thématiques, sur leur niveau de satisfaction de leur participation et les impacts observés sur eux et leurs entourages. Vous avez eu a vous exprimer essentiellement sur :
•  Votre appréciation globale du forum
•  l'adéquation ou non du forum à vos besoins et à vos attentes
•  la qualité des contenus (niveau, adaptation, intérêt) ü la prestation de l'équipe de projet 
•  la possibilité d'appliquer les acquis en situation réelle de travail
•  des suggestions pour améliorer les points précédents.

Les avis exprimés au cour des discussions dans les différentes thématiques peuvent être regroupés en trois grandes catégories : les considérations d'ordre général, les aspects positifs et les aspects négatifs.

Considérations d'ordre général
Les participants ont presque à l'unanimité décerné un satisfecit a l'équipe de projet qui a initie ce forum mais partiellement a Monsieur le facilitateur et a Mme la modératrice, non sans oublier d'y associer les personnes ressources ayant introduit de fort belle manière les différentes thématiques de même que tous les participants passifs comme actifs. Sous l'angle quantitatif, il s'avère qu'environ 250 personnes se sont inscrites pour, pendant 11 mois (11 périodes de 3 semaines dont 9 périodes thématiques), délivrer plus de 650 messages. Marie Odile nous en fait l'économie ainsi : "… notre forum MGF-TIC a su tenir en haleine un public de 248 personnes qui a communique, partage et échange sur comment les tics pouvaient contribuer a l´abandon des mutilations génitales féminines. Au total nous avons reçu 653 messages … Parmi le public qui a eu a animer ou contribuer aux différents débats, nous avons note : des chercheurs, des universitaires, des juristes, des parlementaires, des spécialistes TIC, des spécialistes MGF, des sociologues, des étudiants, des lycéens, des communicateurs traditionnels, des membres de la coopération au développement.

C´est également un public qui nous a écrit de différents horizons. Nous avons pu noter des intervenants de la Belgique , du Cameroun, de la Cote d'Ivoire, de la France , de la Guinée , du Niger,du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, de la Suisse , du Togo, du Canada, de Djibouti pour ne citer que ceux la. Nous avons eu la participation de plusieurs organismes et institutions comme : la Francophonie , le CIAF, l'UNICEF, la FRAO , Tostan, ENDA, le GEEP, l'UNESCO, Humanlogos Acsis,Caem, 3AS-G, Aproged, Aidos, Womenlobby, AWID, le CRDI... La tranche d'âge la plus représentée reste celle qui va de 13 a 25 ans avec une forte représentativité des hommes environ 58% d´hommes et 42 % de femmes

Aspects positifs
A l'analyse de la plupart des appréciations faites par la majorité des participants, le forum a eu un succès retentissant du fait de l'excellent éclairage qu'il a apporte sur la perception des différentes dimensions néfastes de la pratique de l'excision mais aussi et surtout sur les multiples formes de TIC et leurs applications possibles dans une approche citoyenne, dans le cadre de la lutte pour l'abandon de l'excision. Par voie de conséquence son impact a été réel sur les comportements des communautés et l'engagement citoyen des jeunes a s'impliquer d'avantage dans la lutte et faire triompher la cause.

A ce titre Monsieur Issoufo Boudo nous apprend qu'ils ont pu constater au sein de leur communauté :
- en premier lieu: un changement de comportement des jeunes de notre communauté, vis à vis de la pratique de l'excision;
- ensuite: la volonté suscité aux jeunes de combattre ce fléau (MGF) en usant de tous les moyens (en plus de ceux visés par le projet);
- enfin: l'engagement des jeunes à se faire entendre et à se former pour mieux se faire entendre (même au delà de nos frontières), dans le domaine du bien être social.

Son pas est emboîté par Bassirou Diop qui affirme : "… nous avons senti une évolution positive des mentalités sur les la problématique des émulations génitales féminines. Il est aujourd'hui difficile de voir défendre en public la pratique. Cela veut dire qu'on a réussi à placer la peur dans le camp des partisans de cette tradition. Cette phobie rejoint l'effet recherché dans l'adoption une loi pénale par la dissuasion.» Mais notre ami Moussa Soumare se montre plus précis dans son appréciation en nous montrant en quoi exactement sa perception des concepts et ses autres appréhensions on change du fait de sa participation au forum en ces termes : "Si l'on part du postulat que tout échange enrichi, il serait un pléonasme que d'affirmer que je me suis enrichi. C'est quoi les TIC ? Qu'est ce qui les différencie de l'informatique et d'Internet? Qu'englobe la notion de citoyenneté ? Quelle est la terminologie exacte des mots utilisés dans la lutte contre l'excision (les MGF, le Genre, la stigmatisation, ...) ? Qui sont les acteurs de la lutte ? Qu'elle est l'historique de cette lutte? Quelles en sont les différentes formes ? .... sont entre autres autant de questions auxquelles ma participation, et j'espère la vôtre, m'a permis d'apporter, sinon des réponses exactes, du moins un éclairage certain."

Cette compréhension est l'une des conditions sine qua none dans l'engagement citoyen des jeunes dans la lutte ce sens qu'au delà di fait qu'elle les mets a l'aise dans leurs actions, comme pense Fatima Seye Sylla, elle leur confère "un regain de confiance en leur capacité de faire bouger les choses en tant que citoyens a part entière et ce a travers la magie des TIC." A sa suite Abdou Fall pense "que le premier succès c'est que ce forum a été une turbine d'échange d'idées, de conviction et d'expériences de jeunes de diverses horizons (culture, pays, niveau d'étude...) sur une question qui interpelle les communautés africaines. Le deuxième point fort c'est la pertinence des thèmes et la qualité des communications introductives. Un autre résultat positif c'est la qualité de la modération du forum.

Aspects négatifs
Des voix se sont élevées mettant en exergue certains manquements qui ne sont pas sans entacher ces aspects avantageux de notre action. Moussa Soumare en est le porte-étendard qui exprime toute sa "grande frustration face au silence coupable des institutions et des autorités gouvernementales (s'il y a en dans la liste) adopté comme réponse aux différentes interpellations dont elles ont fait l'objet sur des questions éminemment importantes et dont elles sont les seules a détenir des éléments de réponse." Cette situation est aussi déplorée par Marie Hélène qui "regrette bien sur, que les représentants des institutions ne se soient pas engagés plus visiblement dans le débat…" Quoique, pense t-elle, "…ils sont pris par leurs occupations respectives, et souvent, …par les "agendas" des organisations qu'ils représentent, qui, pour beaucoup, intègrent l'une ou l'autre des questions qui nous ont préoccupés, mais pas l'ensemble." Sous un autre rapport Marie Hélène déplore aussi le fait "… d'avoir oublié de discuter aussi de la question spécifique des jeunes en Afrique, en tant que telle, en convergence avec les discussions amplement menées sur les autres questions : les MGF, les TIC, la citoyenneté, la législation. Il faudrait prendre des dispositions pour assurer dans la suite du projet la prise en compte de cette composante pourtant déterminante !". En effet les jeunes constituent le groupe social le plus a même de jouer le rôle avant-gardiste indispensable pour faire triompher la lutte. Tout au long de nos échanges, ce rôle et cette place qui leur a sont dévolus n'ont cesse d'être magnifié mais leur articulation avec les thèmes majeurs a souffert d'un manque de mordant.

 

Thème 11 : "Participation citoyenne des jeunes à la préparation d'un projet sous régional de législation sur les MGF" du 21/01/2008 au 10/02/2008, lancement par M. Momar Lo, Ancien député du Sénégal, Ancien coordonnateur du Réseau des Parlementaires Sénégalais

Depuis la fin des années 1970, une partie de la communauté internationale traitait les mutilations génitales féminines non pas seulement comme un problème de santé publique, mais aussi comme une question de violation des droits humains en tant que violence faite aux femmes et aux filles. Les mutilations étaient considérées comme une atteinte aux droits humains, particulièrement aux droits a l'intégrité physique de la femme qui les subissait. Ainsi la lutte contre les MGF est envisagée comme participant à la lutte générale pour l'amélioration de la condition et du statut de la femme. Au plan international, un grand nombre de déclarations et de conventions ont condamné de manière très nette entre autres la pratique des MGF, notamment à travers, entre autres :

  • La convention sur l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes en 1979 (CEDAF)
  • La convention relative aux droites de l'enfant en 1989
  • La déclaration du sommet mondial sur l'enfant en 1990
  • La résolution 1992/251 du Conseil Economique et Social des Nations Unies sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants ;
  • La déclaration et programme d'actions de la conférence internationale sur la population et le développement (Caire 1994)
  • La charte africaine des droits et du bien être de l'enfant adopté par l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) en 1990
  • La plateforme d'actions de la 4ème conférence mondiale sur les femmes (Beijing 1995).
  • En 1994, la conférence internationale sur la Population et le Développement tenue au Caire avait émis la recommandation suivante : « Il est instamment demandé aux gouvernements d'interdire la mutilation sexuelle féminine partout où elle est pratiquée et d'apporter un appui vigoureux aux efforts que déploient les organisations non gouvernementales, les organisations communautaires et les institutions religieuses pour éliminer cette pratique ».

    A la conférence de Beijing (1995), l'Unifem avait lancé une campagne mondiale de lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes, dont les MGF. En 1997, l'OMS, l'UNICEF et l'UNFPA ont adopté, une déclaration conjointe sur les MGF dans laquelle, ils préconisent une approche interdisciplinaire de la question. Cette approche devait être soutendue par des stratégies qui englobent divers axes dont :

  • La sensibilisation des populations (à partir des médias, de la sensibilisation de masse et des interventions des ONG et associations féminines).
  • L'adoption des lois et des règlements internes
  • La formation du personnel de santé
  • L'engagement des leaders religieux et des leaders communautaires
  • Le remplacement des pratiques (organisations de rites, reconversion des exciseuses, etc.)
  • La recherche (collecte de données enquêtes démographiques et de santé pour évaluer l'impact)

    Ainsi cet aspect historique, non exhaustif, montre bien combien la communauté internationale tient à ce que des programmes de lutte soient développés dans tous les pays concernés par cette pratique. A cet effet en 1999 avec l'encadrement du Forum Africain et Arabe sur la Population (dont le siège est à Dakar) et qui regroupe prés de 42 parlements, avait été organisé à Abidjan en juin 1999, le premier atelier des parlementaires de la CDEAO et de l'Afrique Centrale, sur l'intérêt d'une loi type devant contribuer à mettre en pratique les recommandations issues des différentes assises de la communauté internationale et africaine en particulier. Le projet de loi type qui y a été adopté comportait un plan d'action adaptable selon les pays et les régions concernées par la pratique de l'excision. Cette loi type a été adoptée par plusieurs pays africains dont le Sénégal en 1999, la Guinée Conakry , etc. D'autres pays ont essayé de l'adopter, mais ont rencontré des difficultés (Burkina Faso, Mali etc.).

    Bref, tout ceci, pour dire qu'un cadre juridique (lois, décrets, arrêtés) est indispensable pour l'application interne des recommandations internationales, qui mènent si elles sont supranationales (donc au dessus des lois nationales), ce sont les lois nationales qui renforcent l'exercice de la volonté des autorités politiques. Cependant une loi si pertinente soit elle est suffisante pour arrêter une pratique (encore que celle visée est ancestrale). La fonction essentielle d'une loi est de limiter le champ d'opération de ceux qui exercent dans une manière précise. Elle définit les limites de leur pouvoir et de leurs responsabilités.

    La loi a un caractère dissuasif (même si elle est de portée générale). Elle permet de sanctionner les réfractaires et protège les victimes. Elle constitue donc un cadre règlementaire, sans pourtant être capable d'éliminer définitivement les tentations non dévouées. C'est justement pour cette raison que beaucoup de parlementaires conscients du fait que la loi peut être transgressée facilement (surtout que tous les pays n'ont pas une loi dans ce sens) ont tenté en commun une lutte transfrontalière entre 2001 et 2004. Avec les frontières poreuses entre de nombreux pays, l'évasion transfrontalière de la pratique devient très facile. Le Sénégal pendant 4ans, a travers le réseau des parlementaires a tenté de lutter contre cette pratique en menant des actions de sensibilisation aux frontières des pays voisins que sont la Gambie la Guinée Bissau et le Guinée Conakry. Des résultats positifs ont été obtenus mais sont encore insuffisants puisque dans ces pays l'absence de loi est un facteur limitant dans la lutte pour l'abandon de l'excision et des mariages précoces.

    Dans la lutte pour l'abandon de l'excision la loi est un facteur de protection des droits des victimes potentielles mais elle peut toujours être transgressée. La loi constitue une base légale des moyens de lutter contre la pratique et renforce les stratégies de mise en œuvre des activités locales dégagées par les institutions nationales et par les organisations communautaires de base. Une loi bien vulgarisée et bien appliquée par les autorités judiciaires et administratives locales peut être efficace dans la lutte. La sensibilisation et l'implication de la population à partir d'une loi (suivie de décrets et d'arrêtés d'application), doivent constituer les bases efficaces d'une dynamique d'abandon de la pratique. L'exemple de la région de Tambacounda au Sénégal avec l'implication d'une ONG locale (TOSTAN de Molly Melching) est à méditer par les autres pays. Au Mali même si une loi expresse n'est pas encore prise des efforts importants ont été déployés par les ONG locales qui attendent toujours une loi pour améliorer leurs résultats actuels.

    En conclusion l'existence d'un cadre juridique formel (lois décrets et arrêtés) peut créer un déclic réel pour lutter contre la pratique de l'excision. Les lois servent de prétextes a ceux qui combattent la pratique et deviennent un garant réel aux stratégies a mettre en œuvre à long terme tout en facilitant les activités de sensibilisation, de plaidoyer, d'IEC, de recherche et de partenariat entre les organisations communautaires de base, les autorités locales et les partenaires au développement qui participent a la lutte.

    Synthese thématique N° 11 : "Participation citoyenne des jeunes à la préparation d'un projet sous régional de législation sur les MGF"

    Notre 11ieme thématique a été introduite par un éminent ancien parlementaire sénégalais en la personne de Monsieur Momar Lo a qui il convient ici de réitérer tous nos chaleureux remerciements et notre profonde gratitude. Son texte introductif nous a bien balisé le terrain en nous faisant tout d'abord un historique du cadre juridique de la lutte pour l'abandon de l'excision en citant les conventions, les déclarations, les résolutions et autres recommandations faites à l'occasion de rencontres internationales sur la question des MGF. Dans une seconde étape, il nous montre "combien la communauté internationale tient a ce que des programmes de lutte soient développes dans tous les pays concernes par cette pratique". Il conclut sa réflexion en insistant sur la nécessite, sinon l'obligation qu'ont les gouvernements, non seulement de prendre une loi interafricaine qui supplanterait les lois nationales, mais de s'atteler a leur application effective. Le texte de Monsieur Lo a déclenché un débat relevé et très riche en enseignements qui ont essentiellement porte sur trois aspects fondamentaux de la question. 

    La nécessite d'une loi interafricaine
    Les participants se sont tous accordes sur le fait qu'au vu des fortes implications culturelles, religieuses et socio-économiques de la pratique de l'excision, la lutte pour son abandon devrait, pour ne pas être vouée a l'échec, revêtir plusieurs formes. Pour Moussa Soumare « …les actions d'éducation, d'information, de sensibilisation, de formation ne sont pas suffisantes puisque malgré tout il apparaît que la pratique continue de plus belle même au sein des communautés qui publiquement déclarent avoir déposer les couteaux… en appui a ces actions listées plus haut il faut certes des mesures d'accompagnement mais il faut des mesures coercitives et parmi celles-ci la sanction pénale lourde. Des lors le débat semble bien lancé sur l'opportunité de compléter la panoplie de stratégies de lutte adoptée jusque la, par des mesures juridiques coercitives pour sanctionner les éventuelles réticences aux actions d'éducation et de sensibilisation. Mais si légiférer individuellement est une condition certes nécessaire, elle est loin d'être suffisante puisque notre ami Moussa nous apprend qu'avec "la nature poreuse des frontières et les communautés a cheval sur plusieurs pays, il faut impérativement que les pays partageant les mêmes frontières s'accordent en définissant des lois identiques qui répriment lourdement ces pratiques". Cela permettrait de barrer la route aux communautés qui, pour contourner la loi de leur pays, traverseraient juste les frontières pour aller exciser chez le voisin et revenir.

    Les contraintes et limites sociales et politico juridiques a l'application d'une telle loi
    Comme toute mesure, le vote de lois réprimant la pratique des MGF se heurte a un certain nombres d'obstacles et de limites de types divers. Comme le souligne Mme Cristiana de l'AIDOS, " …une loi pénale, qui puni, agit toujours quand le crime a déjà été perpetré, donc quand la fillette a déjà été soumise à l'excision. Sa valeur de prévention réside toute dans la perception de la punition, qui doit décourager à commettre le crime (l'excision), mais nous savons bien que cela n'est pas suffisant, surtout si les lois ne sont pas bien connues et ne sont pas appliquées avec rigueur. " L'on dit souvent que l'interdiction pousse a la clandestinité qui constitue un facteur aggravant des risques encourus surtout en la matière ou, compte tenu de la nature de la pratique, les exigences d'asepsie ne sont jamais réunies. C'est ce qui fait dire a Cristiana qu'« une solution pénale n'est pas forcement la meilleure des solutions, car dans beaucoup de cas elle a contribue a pousser la pratique en cachette, a cause de la peur des parents de la fille d'être persécutés par les autorités. Cela avec une augmentation des risques pour la fillette, en cas de complication. »

    Hormis ces aspects sociologiques il s'avère que l'érection de lois supranationales soulèvent généralement des questions de souveraineté pour les Etats concernes du fait qu'elles exigent de ces derniers un abandon d'une parcelle de souveraineté, si minime soi t-elle, au bénéfice de la communauté. Bassirou Diop en spécialiste de la question, nous apprend à ce titre que « …le droit pénal renferme un principe dit de la territorialité qui implique le rattachement du délit et du délinquant a une loi nationale ». Il nous cite des cas d'écoles récents qui se sont déroulés au Sénégal notamment avec le refus des autorités d'accepter une commission rogatoire pour interroger d'ex ministres dans l'affaire dite du Joola. 

    Les alternatives
    Au vu de toutes ces limites et contraintes qui se dressent contre l'édification d'une loi supranationale, il semble impératif de réfléchir sur des solutions alternatives qui constitueraient de bons compris pour concilier d'une part l'exigence de sanctions tant au niveau national que sous-régional, celui d'éviter de favoriser la clandestinité et enfin pour les Etats, de garder leur souveraineté. C'est ce qui fait dire a Cristiana : « …j'aimerai diriger votre attention sur des mesures rarement adoptées mais originelle, telles que les peines pécuniaires (amendes etc.) ainsi que les peines comme l'interdiction a la profession médicale etc. Il s'agit de peines autres que la prison, plus faciles a appliquer, et plus faciles aussi a être comprises par les éventuels auteurs d'un crime comme les MGF/E, qui pourrait être prises en considération dans une proposition de loi venant des jeunes.

    Sa proposition est complétée par celle de Bassirou Diop qui pense "… que la directive permet de relativiser le risque d'inefficacité dans la tentative d'une pénalisation des MGF à l'échelle régionale ou continentale. En effet la directive lie les Etats quant au résultat recherche et laisse la forme et les moyens pour y parvenir à leur libre appréciation. La seule contrainte qu'on peut y rencontrer c'est qu'elle fixe un délai aux Etats destinataires. Donc parmi les techniques juridiques pour l'établissement des normes internationales la directive semble être la plus appropriée en ce sens qu'elle ménage bien la souveraineté des Etats."

    S'il est vrai que quelque que soit la forme revêtue (loi ou directive) il urge que nos dirigeants adoptent quelque chose dans ce sens, il est tout aussi vrai qu'un tel projet a besoin d'être porte par un parrain qui a accès aux instances de décision internationales et qui pourrait l'y présenter et le défendre. A ce titre Mme Ramata M Thioune pense que « …Si Enda en tant qu'institution coordonnatrice de ce projet a un statut d'observateur ( ?) a l'Union Africaine, peut-être pourrait-on suggérer que lors du prochain sommet de l'UA elle porte le flambeau et soulève la question de la réactivation de la loi type de 99? Ceci peut-être valable pour les autres institutions participantes a ce projet. Je pense que parmi les Commissaires, l'on pourrait trouver des allies stratégiques! »

     

    Thème 10 : "Nouvelle technologie de l'information - les outils pour aider les jeunes dans l’abandon des mutilations génitales chez les femmes?" du 31/12/2007 au 20/01/2008, lancement par M. Neil Ford, UNICEF -Afrique de l'Ouest

    L'Internet s'est développé exponentiellement, dans sa puissance et sa fonctionnalité au cours de ces dernières années, avec des taux de croissance les plus élevés dans les pays en voie de développement. Cependant, en termes absolus, l'Internet n’a toujours pas pu surmonter le clivage numérique entre les pays développés et les pays en voie de développement. La majorité des populations servies par l'UNICEF ne sera pas en ligne dans un avenir proche. Ainsi pour répondre à la question à savoir comment devons nous faire pour relier ceux qui ont l'Internet et ceux qui ne l’ont pas, nous devons regarder au delà du traditionnel ordinateur de bureau/ ordinateur portable, l'espace de solution de connectivité a Internet aux technologies qui sont déjà disponibles et qui ont des taux élevés de pénétration et d'utilisation dans les pays en voie de développement.

    Les téléphones portables sont l'outil de connectivité le plus disponible aujourd'hui. Environ 75% de la population du monde a un téléphone portable en 2004. On s'attend à ce que ce chiffre grimpe jusqu'à 90% pour l'année 2010. Cependant, à la différence de l'Internet, les téléphones portables ont un taux de pénétration très élevé dans les pays en voie de développement. Le nombre d'abonnés mobiles dans les pays en voie de développement a ete multiplié par cinq entre 2000 et 2005 pour atteindre presque 1.4 milliard. La croissance est rapide dans toutes les régions, mais plus en Afrique Subsaharienne. Les analystes industriels attendent plus de 1 milliard d'abonnés mobiles dans le monde entier d'ici 2010, avec 80% de la croissance des pays en voie de développement. De plus en plus, les téléphones portables offrent également des services d'Internet tels que l'email et le Web. Les analystes de l’Industrie prévoient que, dans un délai de cinq ans le téléphone portable typique aura la capacité de traitement des ordinateurs de bureau d'aujourd'hui. L'autre technologie facilement accessible est la radio, qui a une portée presque de 90% dans les pays en voie de développement.

    L'UNICEF explore l'idée d'employer ces technologies de l'information pour aider à mobiliser les jeunes contre des pratiques nuisibles telles que les mutilations génitales des femmes (MGF). Elle pourrait y parvenir en développant une plate-forme unique de technologie pour aider les adolescents à discuter de ces pratiques traditionnelles et de ce qui peut être fait à leur sujet.

    La plate-forme de technologie combine la fonctionnalité de langue de « wiki », qui permet à des utilisateurs multiples de simultanément, ajouter, supprimer, éditer et changer le contenu en un document unique (par exemple, Wikipedia est l'exemple le plus connu), avec un ensemble d’au moins cinq outils intégrés qui fournissent des fonctionnalités et des structures additionnelles.

    L'idée d'un wiki - UNIWiki - est une plate-forme originale de communication qui permet aux jeunes de participer sur le Web sans ordinateur/ordinateur portable ou connexion internet.

    Trois thèmes définissent l'approche d'UNIWiki : 1. Travail dans la philosophie de logiciel libre - tout ce que nous développons est libre et peut être pris par n'importe qui et reproduit au besoin. Nous croyons également fortement à la collaboration nord-sud et travaillons très étroitement avec le Conseil pour la recherche Industrielle Scientifique en dehors de l'Afrique du Sud et de la communauté des programmeurs en Inde. 2. Tout ce que nous construisons est conçu pour permettre aux jeunes sans connexion internet de participer et de devenir une source de connaissance pour notre travail. 3. Nous Donner l'occasion de sentir l'impulsion des communautés que nous servons et répondre en conséquence.

    Pour nous cela signifie une manière rapide de passer l'information par Internet sans connexion Internet. Nous avons pris le modèle de wiki et avons ajouté la capacité de participer avec des téléphones portables, des pdas et la radio. Le wiki est l'espace numérique de possession pour information et l'interaction. L'idée est de créer les outils qui permettent à des personnes avec différentes ressources technologiques d'interagir les uns avec les autres.

    Comment cette technologie pourrait-elle être utilisée pour aider des personnes à abandonner les MGF? Peut-être une partie de la réponse se situe dans ce qui a été déjà réalisé en appliquant la plate-forme de wiki à la lutte contre le HIV/SIDA. L'UNICEF a déjà des programmes de soutien comme :

    Unis contre le SIDA qui est un site Web en web 2.0 qui ambitionne d’être le site de référence pour les jeunes actifs dans la lutte contre le SIDA, et les jeunes qui souhaite apprendre plus au sujet du SIDA et de l'HIV. Bâti autour d’un réseau mondial de plus de 10.000 jeunes actifs dans la lutte, la pièce maîtresse de ce site est un site Web de wiki comportant des histoires créées par les jeunes, une rubrique « Comment faire » et des contenus spécifiques aux pays.

    S’unir contre le SIDA est le résultat d'une association tripartite entre TakingITGlobal (TIG), la coalition globale de la jeunesse contre le SIDA (GYCA), et l'UNICEF. De briefes biographies peuvent être trouvées ci-dessous :

    TakingITGlobal (TIG) est une communauté en ligne qui relie la jeunesse pour trouver l'inspiration, d'accès à l'information, pour devenir impliqué, et pour agir dans leurs communautés locales et globales. C'est la communauté en ligne la plus populaire du monde pour les jeunes intéressés à sortir du lot, avec des centaines de milliers de visiteurs individuels chaque mois.

    La coalition globale de la jeunesse contre le SIDA (GYCA) est menée par des jeunes, une alliance soutenue par UNFPA et l’UNAIDS de plus de 3000 jeunes leaders et des alliés adultes travaillant pour la jeunesse contre le HIV/SIDA dans 150 pays à travers le monde. La GYCA renforce les jeunes leaders avec les qualifications, les connaissances, les ressources et les opportunités dont ils ont besoin pour hisser vers le haut, les interventions contre le HIV/SIDA, parmi leurs pairs.

    Il serait possible de construire des sites web similaires, des programmes et des coalitions semblables dans le mouvement social croissant pour l’abandon des MGF. C'est une possibilité que l'UNICEF voudrait explorer au cours de l'année prochaine.

    Synthese thématique N° 10 : "La participation citoyenne des jeunes a l‘ere numerique"

    M Ford nous a révélé l'existence de plusieurs plateformes informationnelles dans le cyberespace traduisant des initiatives citoyennes et offrant aux jeunes d'excellents cadres d'échanges interactifs sur des problèmes de population comme le VIH/SIDA. En voici quelques unes : http://www.uniteagainstaids.com/ : la Section jeunes de l'UNICEF, avec ses partenaires, a commence avec TakingITGlobal et GYCA à former une communauté mondiale d'information et d'activités sur le VIH / SIDA. Ce wiki space sera accessible via par téléphone mobile, réseau fixe, etc.

    Connecting Classrooms: Un projet a commencé avec le Comité national allemand, qui pilote la connexion des salles de classe en Ouganda, en Éthiopie, aux États-Unis et en Allemagne en vue d'une création d'un jeune-produit. State of the World's Children inspirée d'une série de produits médiatiques. Nos témoignages: Recueillir des millions d'histoires, dans des centaines de langues, et de les placer sur les cartes de Google pour le visionnement facile. En partenariat avec Google, OLPC / 100 dollars en utilisant l'ordinateur portable OLPC Ordinateur portable, les téléphones portables et les cafés internet, et mettre tous ces histoires sur Google Maps-like site. Jeunes reporters aux Philippines: KNN aux Philippines est produite par les jeunes autour des questions de contenu vidéo que les jeunes ont identifiés comme étant importants. Nous sommes connectes avec mDialog pour donner une présence 24h sur 24 et 7 jours sur 7 de ces produits vidéo sur l'écosystème d'Apple (iPod, iPhone, iTunes etc.) et de construire des communautés de discussion autour de la vidéo. un jeune un ordinateur portable : transporter le contenu de l'UNICEF - initialement centré autour de l'eau et l'assainissement, mais aussi maintenant la communauté WikiHow, qui se tourne documents de l'UNICEF et de les transformer en des formats qui peuvent aisément être porté à la XO. Workspace J8: Le Sommet du J8 est une version pour les jeunes de l'événement annuel du G8. en utilisant des outils UNIWIKI, les participants sont en mesure de parler entre eux avant et après l'événement, et de collaborer sur la création de plate-forme de partage des documents au cours de l'événement. Lancé en mai, le nouveau site permettra J8 personnes qui ne peuvent pas aller à la conférence à donner leur contribution. Objectifs de la Santé du Millénaire en Afrique: les bureaux de pays africains utilisent wiki et d'autres outils collaboratifs pour construire un ensemble d'indicateurs communs à la réalisation des OMD - ce qui inclut l'usage de suivi, l'évaluation facile des travaux, et l'aptitude à parler en utilisant la voix sur IP pendant que vous êtes connectés au wiki. Centres de test: intéressés par les différentes façons dont les cultures et les gens interagissent avec Internet, et les outils qu'ils cree. Base, à New York, ils développent des produits sur la base de spécifications précises et de donnes en entrée. Les centres de test permettent de recueillir ces données.

    Suivi et évaluation en Ouganda: En utilisant DevInfo, Outil de collection de données sur mesure, en plus de leurs outils PDA le bureau de l'Ouganda sera le centre de collecte de données sur les écoles amies des enfants et de la santé et aussi centre de stockage de rapports. Parler en Afrique: un site pour les jeunes africains pour partager leurs créations en médias. En partenariat avec l'Année de l'enfant africain, et le Caire +5 événement, Speak Afrique est un mouvement qui associe les jeunes et les médias.

    Younicef.de clubs allemand pour la jeunesse: la construction d'espaces de collaboration en ligne pour les jeunes allemands intéressés par les questions de développement international et de la connexion avec les jeunes du monde entier, financé par le Comité national allemand pour l'UNICEF. A communal UNIwiki-espace pour discuter des problèmes pressants auxquels sont confrontés les jeunes, tel que discuté a WFFC +5 lors du Forum panafricain

    L'opportunité nous a ainsi été offerte de discuter sur comment devrions-nous procéder pour nous approprier toutes ces expériences en les transposant dans le domaine de la lute pour l'abandon de l'excision. Malheureusement le sentiment de Maty Cisse, que nous serions entrain de « tourner en rond dans nos débats » a semble, a tord, être très partagé par beaucoup de forumistes, en témoigne le peu de contributions reçues sur ce thème. Toutefois certains participants n'ont pas manque d'émettre d'intéressantes idées ça et la et qui méritent qu'on s'y arrête afin d'en tirer le maximum de profit en les mettant en oeuvre. C'est le cas de Moussa Soumare quand il affirme : « Je ne puis résister a la tentation de demander a M Ford si l'UNICEF serait prête a financer une action similaire dans la lutte pour l'abandon de l'excision, auquel cas les associations, ONG et groupements de jeunes ici présents seraient certainement prompts a soumettre des projets. Il poursuit en ces termes : « je pense qu'on pourrait bien transposer le concept dans le domaine qui nous préoccupe ici, en mettant en place un MGFWIKI ou WIKIMGF qui serait une plateforme identique sur le plan conceptuel, au Wikpédia ou au UNIwiki ».

    Comme on peut le constater l'UNICEF, et en sourdine toutes les autres institutions, ONG et bailleurs ici présents, sont a nouveau interpellés sur le financement des idées de projets des jeunes. Cela est bien illustre par Lala Diarra qui «… trouve que dans notre forum nous avons de très belles idées, les jeunes que nous sommes sont aussi engagés de manière citoyenne et déterminés dans la lutte contre l'excision et les autres formes de MGF mais notre problème est celui des moyens. ». Je pense que le terrain est bien balisé et ce que ce ne sont pas les idées et la volonté qui manquent puissent que les jeunes ne cessent, ici comme sur le terrain, de s'engager de manière citoyenne a œuvrer pour le triomphe des causes justes avec l'appui des ONG, institutions et autres bailleurs. Il ne reste plus qu'à articuler leurs initiatives citoyennes aux contraintes de formalisme et de procédure de leurs bailleurs potentiels.

    Thème 9 : "Le Fonds de Solidarité numérique : quel appui à l'innovation citoyenne ?" du 10/12/2007 au 20/12/2007, lancement par M Amadou Top Vice president du Fonds de solidarite numerique

    En septembre 2000, les Chefs d'Etat et de gouvernement réunis à New York pour le Sommet du Millénaire des Nations Unies ont adopté les huit Objectifs de Développement du Millénaire, parmi lesquels l'éradication de la pauvreté et de la mortalité infantile, l'accès universel à l'éducation, la lutte contre le VIH/SIDA, la protection de l'environnement. L'échéance a été fixée à l'année 2015. La réduction de la fracture numérique fait partie du 8ème objectif de la Déclaration du Millénaire. Les technologies de l'information et de la communication (TIC) constituent des outils essentiels du développement. Ils permettent l'accès aux connaissances et sont déterminants pour la réalisation des autres Objectifs de Développement du Millénaire. Invité à prendre la parole à la « table ronde des visionnaires », organisée dans le cadre de la préparation du Sommet Mondial sur la Société de l'Information, le Président de la République du Sénégal, parlant au nom de ses pairs du NEPAD, a lancé l'idée de solidarité numérique pour lutter contre le fossé numérique qui s`élargit chaque jour davantage entre les pays du nord et ceux du sud, entre les hommes et les femmes, entre les générations, entre les villes et les campagnes, entre les riches et les pauvres, entre les handicapés et les autres, etc.

    La nouveauté dans la proposition du Président Wade résidait assurément dans le fait qu'elle ne reposait pas sur une nouvelle taxe, dans le sillage des propositions de taxes dites globales telles que la « taxe Tobin », la « Bit tax », les taxes sur le commerce électronique, la taxe sur les noms de domaines, les taxes sur la fuite des cerveaux, les taxes sur l'utilisation des spectres des fréquences radio électroniques, les taxes sur l'utilisation de l'espace, etc., qui hélas ont toutes fait long feu. La force persuasive de son projet citoyen tenait à son originalité, à sa simplicité, à son opérationnalité et au caractère non contraignant des contributions, qui dans sa formulation, devaient être totalement volontaires. Bien évidemment, et malgré la simplicité du concept, son objet est de dire que les mécanismes de l'aide au développement sont inaptes à relever les défis nés du nouveau contexte de la mondialisation, dont les effets modifieront profondément les relations entre les peuples, les pays et les nations, du fait surtout du rôle devenu central des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) qui menacent de marginaliser dangereusement de nombreux pays et groupes sociaux. En effet, le passage de l'ère industrielle à l'ère de l'information fait émerger toute une série de phénomènes qui bousculent les anciennes logiques économiques et sociales affectant tout à la fois la sphère publique et le domaine privé, la dimension professionnelle et l'espace de l'activité personnelle.

    Au plan, local aussi bien que global, de nouvelles influences modifieront profondément les manières de travailler, de penser, et de socialiser les relations. Force est cependant de constater que des centaines de millions d'hommes et de femmes, surtout concentrés dans les pays du sud sont progressivement confinés à la périphérie de ce mouvement mondial. En 2003, selon « Le Monde interactif », le nombre d'appareils de télévision pour 1 000 habitants allait de moins d'un poste en Erythrée à 64 en Côte d'Ivoire en passant par 469 en République tchèque à 805 aux Etats-Unis. Le nombre d'ordinateurs personnels pour 1 000 habitants était inférieur à 1 au Burkina Faso, 27 en Afrique du sud, 38 au Chili alors qu'il atteignait 172 à Singapour et 348 en Suisse. Dans les pays d'Afrique, une personne sur 5 000 utilisait Internet, contre une sur six en Europe et en Amérique du nord. La fracture numérique est toutefois multiforme et multidimensionnelle, et ne saurait se résumer à une simple pénurie d'équipements informatiques et de réseaux de télécommunications. Elle doit être examinée en relation avec les facteurs d'exclusion déjà existants qu'elle ne fait que renforcer. La partie du monde aujourd'hui exclue de l'économie du numérique est celle là même qui est marginale dans l'économie tout court. Les jeunes qui ne peuvent accéder à la formation en ligne sont aussi pour l'essentiel ceux qui sont privés d'école.

    Passer des déclarations d'intention à l'action et chercher à résoudre dans les faits les énormes disparités constatées aujourd'hui dans l'accès et l'utilisation des TIC, voilà le mérite de cette initiative à laquelle les villes de Genève et de Lyon d'abord, puis de plus en plus d'Etats, de gouvernements et pouvoirs locaux, d'entreprises du secteur privé et la société civile mondiale répondent avec détermination et esprit d'engagement. Elle sera très certainement un instrument déterminant pour que les conditions d'exclusion soient transformées en opportunités d'inclusion dans la Société de l'information, afin d'assurer à chacun, grâce aux TIC, la possibilité de produire, d'exploiter et de diffuser sous forme orale, écrite ou visuelle, de l'information affranchies des contraintes de temps, de distance ou de capacité, et d'œuvrer à son propre épanouissement et au développement de sa communauté.

    Institution de financement, le FSN se distingue par deux spécificités :
    • d'une part, par son principe d'alimentation : le « 1% de solidarité numérique », mécanisme de financement innovant spécifiquement consacré à la réduction de la fracture numérique (http://www.dsf-fsn.org/cms/content/view/39/73/lang,fr/ ).
    • d'autre part, par son principe d'intervention : le financement de projets communautaires de développement, recourant aux technologies de l'information et de la communication (TIC), répondant aux besoins des populations, adaptés aux conditions du terrain et respectueux des savoirs locaux. Dores et déjà, il a démarré son intervention dans quelques pays d'Afrique d'Asie et d'Amérique latine ( voir http://www.dsf- fsn.org/cms/content/view/43/77/lang,fr/ )

    Synthese thématique N° 9 : "Le Fonds de Solidarité numérique : quel appui à l'innovation citoyenne ?"

    Monsieur Amadou Top, Vice ­ Président du Fonds de Solidarite Numerique (FSN), dans un texte introductif de tres haute facture, nous a donne le pretexte d’explorer et de discuter les opportunites d’appui a l’action citoyenne des jeunes dans la lutte pour l’abandon de l’excision.
    Il nous a tout d’abord fait la genese de la creation du FSN avant de nous decrire de maniere claire et concise les menanismes et les principes de fonctionnement du fonds et surtout de ses modes de fonctionnement. Qu'il trouve ici, l'expression de notre profonde gratitude.

    Les debats suscites par ses propos tout au long de ces trois semaines ont, pour l’essentiel, porte sur l’identification des cibles du FSN et les voies et moyens qu’il faut emprunter pour y acceder.

    C’est Maty Cisse qui, la premiere, donne le las quand elle affirme : « … J'ai beaucoup entendu parler du fonds de solidarite numerique mais plus comme une invention à but "scoopistique" que comme des financements concrets disponibiles pour je ne sais quelle categorie de projets, de personnes ou de pays ? Qu'en est-il reellement ? Qui peut-pretendre à ces fonds et pour quels objectifs ? ».

    Il faut signaler, tout en le deplorant, le manque de reponses precises a ce questionnement entonné aussi par d’autres forumistes a l’image de Bassirou Diop qui, a la suite de Maty, rebondit ainsi : « Apres avoir lu Maty, je fais miennes ses interrogations sur la disponibilité des fonds dédiés à la solidarite numérique et l'effectivité de chantiers financés sur ce fonds. »

    C’est aussi le cas de nos amis de l’association Mousso Dambe qui s’interrogent ainsi :
    « Quels ont été les moyens de communications pour mettre à la disposition des éventuels bénéficiaires de ces fonds? C'est bon qu'il y ait des fonds de cette nature, mais qui a droit à ces fonds, si l'on sait les réalités dans nos pays respectifs?

    En effet, beaucoup d'autres de ces fonds sont encore disponibles mais non accessibles. Les conditions sont de telles sortes que c'est mieux de rester dans son petit coin et de se débrouiller afin de trouver son minimum vital. Partant des garanties aux partenaires, nous voyons bien qu'il s'agit bien d'une utopie que d'aller à la rencontre de ces fonds. Quelqu'un qui n'a rien, comment voulez-vous qu'il trouve une garantie pour avoir accès à un fonds? »

    Pour dire que les forumistes ont salue l’existence de ce fonds mais se sont tous interroges sur comment faire pour y acceder. Comme je le disais dans un de mes messages, les precedentes thematiques nous ont permis d’identifier et de debattre sur un ensemble d’idees porteurs de projets pouvant permettre de donner un autre souffle a la lutte pour l’abandon de l’excision.

    Ce debat sur le fonds nous a offert l’opportunite de faire des propositions concretes allant dans le sens du financement par le FSN de ces projets (Portail web, realisations de coucours divers dotes de prix, financements d'actions de terrain, edition de journaux, etc

    S’il est dommage qu’on n’ait pas pu apporter des reponses precises et concretes a ces questionnements des jeunes dans le cadre des contributions dans le forum, le theme a au moins eu le merite de permettre aux jeunes de prendre connaissance de l’existence du FSN mais aussi d’autres sources de financements.

    A ce titre notre ami Ben Maiga nous apprend qu’ « un programme de 44 millions de dollars a été lancé en vue de diminuer de 40 pour cent la mutilation génitale féminine/l’excision (MGF/E) dans 16 pays d’ici à 2015 et de mettre fin à cette pratique traditionnelle préjudiciable en une génération. »

    Reste aux jeunes, comme le suggere Ben Maiga, a se rapprocher des bailleurs de fonds et pourquoi pas des gouvernements, « …. Il faudra s'organiser pour partir les voir ».

    Thème 8 : "Creativité de terrain" du 19/11/2007 au 09/12/2007, lancement par Associations des Jeunes partenaires du projet

    Nous, jeunes, Partenaires Directs du projet : «Contribution des TIC à l'abandon des MGF en Afrique de l'Ouest francophone : rôle des jeunEs citoyenNEs " que l'honneur nous revient de soumettre à l'attention des participants au forum électronique, le texte introductif de la thématique N°8 : "Créativité de terrain".

    1. Contexte de l'excision

    « L'excision, qui consiste en l'ablation d'une partie des organes génitaux externes de la femme, est une pratique assez répandue en Afrique en général. La clitoridectomie et l'ablation du clitoris et des petites lèvres sont les formes les plus fréquentes et sont le plus souvent pratiquées par des exciseuses traditionnelles, dans de très mauvaises conditions hygiéniques. Cette pratique a des conséquences néfastes sur la vie des femmes. Malgré la persistance et l'ampleur des interventions, la prévalence des MGF reste élevée et ce, depuis environ 20 ans. D'après les statistiques des institutions internationales engagées dans la lutte contre l'excision (UNICEF, OMS, etc.), aujourd'hui environ 100 à 132 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi une forme ou une autre de mutilation sexuelle".

    «L'excision est une très vielle pratique considérée par ses défenseurs comme une valeur sociale. A ce titre, elle fait partie aujourd'hui des conventions sociales retraçant nos us et coutumes, dit on. De par ce principe, les postulats, sinon les composantes de la société qu'il faut associer aux débats de l'abandon de l'excision sont entre autres : l'individu, la famille et les pratiquantes, leurs familles, les amis, bref, l'individu et son environnement, car elle se pratique en terme d'accomplissement de contrat social ".

    "For des conséquences révélées de nos jours, il faut changer pour ainsi contribuer à l'épanouissement de l'enfant et de la femme. Cela n'est point sans prix. En la matière, il faut de la disponibilité, de l'engagement, de l'organisation, des informations claires à fournir, des TIC, mettre la question sur la table au niveau des politiques, dans les familles, dans les groupes d'amis, dans les services, etc."

    Les techniques d'informations et de la communication aussi ont évolué dans le monde depuis l'âge des temps : Envoi d'un émissaire (homme : communicateur traditionnel en général, oiseau dressé) d'un bout à un autre; de la fumée pour des distances réduites; la poste; la radio ; le téléphone ; la TV ; … jusqu'aux nouvelles technologies de l'information et de la communication parmi lesquelles les cellulaires et l'Internet comme dernière génération utilisée dans des circonstances les plus rapides.

    2. Initiatives en cours en terme de créativité :

    Les collectifs des jeunes envisagent une action commune qui pourrait associer le maximum de jeunes qui ne participent pas au forum (les frères et sœurs, les amis du groupe, les camarades d'école) ; cette action consiste à la création d'un réseau des jeunes qui ont opté pour la promotion de l'abandon des MGF. Ce réseau aura comme moyen de communication en plus de l'Internet (comme d'habitude), l'envoi des SMS.

    Mais avant :

    Certains d'entre nous ont déjà initié une activité de créativité: Au sein de leur communauté, ils ont initié des échanges de messages par téléphones portables comme étant leur contribution à la lutte pour l'abandon des MGF. Cette idée d'utiliser le téléphone portable a connu sa concrétisation lorsqu'il leur a été rapporté par l'Equipe de Recherche de leur localité, qu'une thématique de créativité leur est attribuée et que l'introduction leur appartenait, l'idée de partager cette expérience avec les autres participants à ce forum. A chaque rencontre,ils font un bilan des textes envoyés et reçus, puis les meilleurs sont primés et stockés dans une base de données Excel (Nom et Prénoms, message, numéro de téléphone, tendance du message).

    Nous retenons également que le forum est une activité phare du Projet, mais elle n'est accessible qu'aux personnes qui sont déjà inscrites. Ainsi, pour pallier à cet état nous avons initié et essayé des sites web gratuit : www.nietaassociation.fr.gd , il y a une rubrique appelée livre d'or qu'on mettra à profil pour que les autres jeunes (de l'association ou pas, participant au forum ou pas, du Mali ou pas) puisse laisser son mot par rapport à la lutte contre les MGF. Aussi il faut noter : www.associationmoussodambe-bf.cabanova.fr

    Un mécanisme d'évaluation périodique permettra de diffuser les actions réussies.

    Le contexte du présent projet interpelle l'exercice du rôle citoyen des jeunes à la promotion de l'abandon de l'excision à travers les dernières générations des TIC d'une part, avec plus de valeur ajoutée, c'est-à-dire en dépassant ce qui a été déjà fait d'autre part.

    Par ailleurs d'autres ont plutôt des initiatives en perspectives, et les principales retenues abondent dans le même sens que l'activité déjà menée par les premiers.

    En plus, nous avons initié des perspectives, il s'agit entre autres de :

    -·L'Internet, les propositions, faites principalement, tournent autour d'une intensification de la mise en place de cet outil à notre disposition, ainsi que notre formation pour son utilisation adéquate. Pour se faire l'Etat, les ONG et associations, etc. sont interpellés notamment dans la formation la mise en place des centres multimédias et des sites web sur les MGF pour faciliter l'utilisation de l'Internet.

    -·La radio : Cet outil est le plus utilisé. La radio est aussi un lieu de communication de forte densité car elle est très écoutée. Des essais de débats radiodiffusés, des jeux concours sur la sensibilisation et l'existence de lois punissant la pratique de l'excision et aussi es sketchs, et des émissions où les auditeurs peuvent intervenir (envoi de messages ou appel), sont en perspective pour que certains villages puissent être imprégnés des dangers et méfaits de cette pratique.

    -·Les autres activités proposées sont diverses. Elles concernent :

    - des jumelages, des partenariats entre les jeunes citadins et les jeunes ruraux,en intégrant aussi les chefs de villages et les autorités politiques, sur la conscientisation des dangers liés aux MGF, sur l'utilisation des TIC.

    -les activités sportives, les débats télévisés en invitant des spécialistes en TIC et en MGF, des chefs religieux, des autorités de l'Etat sur des sujets qui concernent les MGF et les TIC en mettant l'accent sur notre participation citoyenne, sur le point de vue religion, lois et législation, politiques gouvernementales en matière de TIC contre les MGF. Par rapport à la télé il faut penser à inviter des femmes excisées car les femmes dévoilent de plus en plus le tabou de l'excision.

    - Les sketchs et les diffusions de vidéos dans les places publiques, la formation sur les aspects juridiques, sanitaires, et socio-économiques des femmes surtout analphabètes dans des centres sociaux ont également été suggérés.

    A travers les idées dégagées par les uns et les autres dans l'action concrète pour l'abandon de l'excision, nous pouvons voir l'engagement et la détermination de tous.

    En définitive, quelles questions peuvent elles être traitées pour aboutir à la mobilisation des jeunes en vue d'utiliser des TIC de dernière génération disponibles localement?

    3.Questions de faisabilité de la créativité:

    Quelles TIC pour les jeunes et qui soient capables de mettre en place une interactivité entre les jeunes d'une part, les jeunes et les autres couche de la société d'autre part ?

    Comment influencer les politiques pour que les programmes en faveur des jeunes prennent en charge l'accessibilité à cette couche des NTIC pour résoudre les questions de développement en général et la promotion de l'abandon de l'excision en particulier ?

    Synthese thématique N° 8 : "Creativité de terrain"

    Une fois de plus, nous sommes arrivés a une etape charniere marquée par la fin de la periode reservee a notre 8ieme thematique qui portait sur « le Creativite de Terrain » et l'ouverture de la notre neuvieme periode qui, elle, porte sur le theme : « Le Fonds de Solidarité numérique : quel appui à l'innovation citoyenne ? ». Nous vous remercions tous pour l'engagement dont vous avez fait montre en participant aux debats dont je vous propose la synthese ci-dessous.

    Le theme, Creativite de terrain a ete introduit de fort belle maniere par le collectif des jeunes des trois pays appuyes par leurs specialistes locaux TIC-MGF. Leur expose a debute par un recentrage du contexte historique de la pratique de l'excision et des croyances traditionnelles, coutumieres et sociales qui la soutendent, pour ensuite nous parler de la creativite dont les jeunes ont fait preuve en mettant en œuvre certaines actions innovantes grace a des outils TIC (Radio, internet, Sms, etc.) avant de finir par un questionnement sur la faisabilite de ces actions. Les reactions suscitees par leur texte riche d'enseignements, ont essentiellement porte sur les aspects suivants :

    Definition du concept de creativite
    Comme prealable à l'utilisation du concept, les participants se sont tous essayes, sinon a une definition precise, du moins a une exploration semantique du mot « creativite ». Ils la rapprochent de l'invention et pensent qu'il implique nouveauté, sortie des sentiers battus, découverte d'un nouveau système de relations qui permet de réorganiser de façon imprévue et souvent subite des éléments, des faits, des théories qui semblaient disparates pour le commun des mortels, etc. C'est le cas de Moussa Soumare dans le passage suivant d'un de ses contributions, quand il affirme : « …qui dit creativité dit imagination, esprit d'initiative, intuition, innovation, génie, et j'en passe. Le caractère commun à tous ces termes est leur subjectivité, leur fort lien avec l'irrationnel, la sensibilité. Ils sont stimulés par l'envie, qui anime tout jeune, de s'affirmer, de prouver aux autres ce dont on est capable mais aussi de prouver à soi-même qu'on est doué d'un savoir-faire. » Pour d'autres, la creativite est cette faculte a trouver des solutions innovantes aux problemes qui surviennent dans l'accomplissement de toute œuvre humaine.

    Creativité manifestée des jeunes
    Face aux nombreuses difficultes souvent liees a la lancinante question des moyens materiels et surtout financiers, les jeunes ont non seulement imagine une panoplie de solutions creatives mais ils ont deja eu a en mettre en œuvre quelques unes pour continuer a jouer le role citoyen qui leur echoit dans cette si noble cause. A ce titre, nos amis du collectif nous signalent qu'ils sont entrain d'experimenter : - la création d'un réseau des jeunes qui ont opté pour la promotion de l'abandon des MGF. Ce réseau aura comme moyen de communication en plus de l'Internet (comme d'habitude), l'envoi des SMS - des échanges de messages par téléphones portables comme étant leur contribution à la lutte pour l'abandon des MGF. Cette idée d'utiliser le téléphone portable. A chaque rencontre, ils font un bilan des textes envoyés et reçus, puis les meilleurs sont primés et stockés dans une base de données Excel (Nom et Prénoms, message, numéro de téléphone, tendance du message). - la creation de sites web gratuits : www.nietaassociation.fr.gd , www.associationmoussodambe-bf.cabanova.fr

    En terme de perspectives, il s'agit entre autres de :
    · Vulgarisation de l'utilisation citoyenne par les jeunes, de Internet, dans des centres multimedia et des sites web sur l'excision a financer par les Etats, les ONG et les Institutions
    · La radio : Des essais de débats radiodiffusés, des jeux concours sur la sensibilisation et l'existence de lois punissant la pratique de l'excision et aussi des sketchs, et des émissions où les auditeurs peuvent intervenir (envoi de messages ou appel).
    - des jumelages, des partenariats entre les jeunes citadins et les jeunes ruraux, en intégrant aussi les chefs de villages et les autorités politiques, sur la conscientisation des dangers liés aux MGF, sur l'utilisation des TIC.
    - les activités sportives, les débats télévisés en invitant des spécialistes en TIC et en MGF, des chefs religieux, des autorités de l'Etat sur des sujets qui concernent les MGF et les TIC en mettant l'accent sur notre participation citoyenne.
    - Les sketchs et les diffusions de vidéos dans les places publiques, la formation sur les aspects juridiques, sanitaires, et socio-économiques des femmes surtout analphabètes dans des centres sociaux ont également été suggérés.

    Moussa soumare suggere à ce titre :
    - la mise en oeuvre du fameux portail web dont on a eu a discuter et y ajouter des fonctionnalites de téléchargements de sonnneries et imagettes pour telephones portables
    - Sur certains sites web il est offert la possibilité d'envoyer des cartes de voeux a des correspondants, on pourrait bien lancer un concours de cartes de voeux virtuelles contenant des messages et des images tres bien choisis pour sensibiliser sur la nefasteté de l'excision
    - Organiser chez les jeunes musiciens surtout les rappeurs un concours de sons engages sur l'excision
    - Utiliser les serveurs permettant d'envoyer des sms groupes depuis un site web pour diffuser des messages cibles periodiques dans le reseau
    - Solliciter le concours des opérateurs de téléphonie pour sponsoriser des rubriques sur le portail Web. L'idée étant de permettre aux jeunes, en communiquant leur N° de tel, de gagner des credits telephoniques directement charges sur leurs portables par l'opérateur.
    La poursuite des experiences initiees ca et la par les jeunes, de meme que la concretisation des perspectives d'actions innovantes, necessite l'appui tant souhaité par les jeunes, de ceux qui detiennent les cordons de la bourse (Etats, Institutions, ONGs). Lala Diarra " pense que les ONG et les gouvernements ne sont là que pour eux-mêmes ils ne s'occupent pas des problemes de la jeunesse et si les jeunes comptent sur eux pour s'en sortir ils attendront longtemps." Elle poursuit "... Nous devons d'abord compter sur nous mêmes et sur les moyens du bord. C'est vrai qu'il ya quelques ONG qui font de bonne actions mais c'est encore tres timides et tres insuffisants par rapport aux moyens qu'ils ont. Les jeunes doivent utiliser leur créativité pour imaginer comment s'organiser pour recuperer directement les fonds que les ONG recoivent et gardent pour eux." Maty Cisse lui emboite le pas en affirmant : " On ne peut pas demander aux jeunes de se triturer les méninges et demeurer sourd à leurs propositions, et malheureusement, c'est ce qui arrive. Mais je leur conseille de ne pas baisser les bras parce que ce combat est le leur et non pas celui de gens qui ont oublié avoir ete jeunes autrefois avec des reves plein la besace et pas de moyens pour leur donner forme". Tout ceci prouve, si besoin en etait, que les jeunes ont besoin d'etre mieux encadres, formes, a comprendre le mode de fonctionnement et les exigences des bailleurs qu'ils sollicitent en terme de qualification de leur besoin et de formulation precise de leurs requetes afin que celles-ci puissent enfin etre prises en charge.

    Thème 7 : "Lier la communication traditionnelle et la communication numérique pour abandonner l'excision" du 29/10/2007 au 18/11/2007, lancement par Mamadou Ben Chérif Diabaté , Réseau des Communicateurs Traditionnels d'Afrique

    L'homme est entre trois choses : l'angoisse du présent, la peur de l'avenir, le regret du passé. Les peuples sans écritures ne sont pas des peuples sans culture. Il faut évoluer par amélioration et non par rupture. Il s'agit, de mon point de vue, de relever les dispositions positives et les dispositions discriminatoires contenues dans les programmes de lutte contre la pratique de l'excision dans les pays concernés en Afrique. L'utilisation du savoir local dans le plaidoyer, l'information et la sensibilisation des populations en Afrique, contribuera, à mon avis à mieux gérer l'influence des facteurs socio-culturels pour l'abandon de la pratique de l'excision. Nous avons, pour cela, besoin de créer la synergie entre le savoir local et le savoir moderne pour l'amélioration de la santé de la femme et de la petite fille : TIC et communication traditionnelle dans l'abandon de la pratique de l'excision.

    Questions :
    1. Quels sont les obstacles à la lutte contre l'excision ?
    2. Quels moyens peut-on utiliser pour lever les obstacles ?
    3. On veut ou ne veut pas abandonner la pratique de l'excision ? Si oui Comment ?

    Propositions
    - Harmonisation des outils de plaidoyer, d'information et de sensibilisation.
    - Elaboration de la cartographie des zones de l'excision en Afrique.
    - Renforcement de la capacité d'intervention des membres du Réseau des Communicateurs Traditionnels d'Afrique en matière de lutte contre la pratique de l'excision.

    De plus en plus l'Afrique francophone s'appuie sur les communicateurs traditionnels pour combattre la pratique de l'excision. L'implication de cette catégorie sociale dans les actions pour l'abandon de l'excision est vue comme une nécessité, étant entendu que ce groupe constitue le principal transmetteur de messages, le plus écouté et respecté dans les communautés . Il s'agit des hommes et des femmes de castes (griots, garanké, forgerons, mabo, gaoulo, guésséré etc.).

    Aujourd'hui, il n'est pas rare de voir dans les évènements socioculturels tels que les mariages, les baptêmes et décès, et même l'excision, la présence de jeunes femmes et hommes communicateurs traditionnels (25 à 40 ans) portant des messages d'éloge, d'information et sensibilisation et de conscientisation. Occupant de plus en plus de place dans les communautés, la présence de ces jeunes communicateurs (TIC locaux) constitue une opportunité pour favoriser l'implication des communicateurs traditionnels dans l'abandon de la pratique de l'excision en Afrique de l'Ouest en particulier. En effet, dans chaque communauté, un dispositif d'implication et de contribution des Communicateurs Traditionnels doit être mis en place pour les interventions. Avec ce dispositif, des actions concrètes seront entreprises pour favoriser l'implication de ce groupe social à tous les niveaux de la lutte. Il s'agit en l'occurrence de l'identification des jeunes communicateurs, leur implication dans les organisations existantes comme le Réseau des communicateurs traditionnels d'Afrique, mis en place en septembre 2004 à Ouagadougou (Burkina Faso) sur financement de l'Organisation Internationale de la Francophonie avec le soutien des gouvernements du Burkina-Faso, Bénin, Côte-d'Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée Conakry, Togo. Leur implication dans les échanges et débats autour du sujet de l'abandon de l'excision peut-être favorisante.

    Jeliba et les moyens modernes de communication :
    Le griot n'évolue pas en dehors de son temps. Il évolue avec son temps. IL doit même être un visionnaire. C'est pourquoi, Jeliba doit être présent dans les éditions, aussi bien sur papier que sur numérique. Ses prestations doivent être disponibles dans les journaux, les livres, les encyclopédies, les dictionnaires, les cassettes audio et vidéo, les CD-ROM et sur Internet. Car en Afrique, lorsqu'un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui se consume d'après le vieux sage et écrivain Hamadou Hampaté BA. Et lorsqu'un jéli meurt, c'est tout un pan de l'oralité qui disparaît du même coup.

    Synthese thématique N° 7 : "Lier la communication traditionnelle et la communication numérique pour abandonner l'excision"

    Notre thématique qui vient de s'achever "Communication traditionnelle et communication numérique" a tenté, non de faire un parallèle entre ces deux types de communications mais plutôt d'en établir une symbiose. Monsieur Diabaté, Président du réseau africain des communicateurs traditionnels nous en a fait une brillante introduction qu'il a commencée par camper le rôle et la place du communicateur traditionnel dans la société africaine avant de finir sur la nécessité, pour les communicateurs qu'ils sont, de se moderniser en s'appropriant les TIC afin de mieux s'acquitter de leur tâche.

    Les réactions suscitées par son texte s'articulent essentiellement autour de trois questions :
    - l'apport du communicateur traditionnel dans la lutte

    - l'apport des TIC dans la lutte
    - L'articulation TIC - Communication traditionnelle

    L'apport du communicateur traditionnel dans la lutte

    Les forumistes ont dans leur quasi unanimité reconnu au communicateur traditionnel sa place prépondérante dans la société africaine caractérisée par l'oralité qui y est le moyen privilégié pour tisser des liens entre les individus, mais aussi entre les générations. Le communicateur traditionnel est dépositaire de la mémoire collective des peuples, des communautés et des familles africaines. Moussa Soumare l'illustre bien dans son message du 02/11 quand il affirme : " Le communicateur traditionnel a toujours occupé et continuera d'occuper dans notre société africaine une place très importante puis qu'il est le gardien de la tradition et la courroie transmetteur de cette tradition et de ses valeurs entre les générations. Il intervient au cours des manifestations, des cérémonies familiales, des cérémonies religieuses, bref dans toutes les occasions qui regroupent les personnes.

    L'apport des TIC

    Conséquemment a l'intitulé du projet de recherche qui est " la Contribution des TIC dans la lutte pour l'abandon de l'excision" et dont une des actions (le forum) nous réunit ici, les participants sont revenus sur la nécessité d'exploiter ces énormes opportunités offertes par les TIC pour atteindre le maximum de cibles (communautés excisantes), et ainsi booster les résultats de la lutte. Tout comme dans les précédentes thématiques, l'on est revenu sur la définition du concept de Technologie de l'Information et de la Communication que beaucoup assimilent, a tord, a l'ordinateur et Internet. Ainsi les différentes interventions et éclairages des participants ont, fort heureusement, bien décrit les multiples formes que peuvent revêtir les TIC (radio, télévision, Internet, téléphone fixe, cellulaire, ordinateur, etc.) avant de se pencher sur leurs possibles usages dans le but d'aider les communicateur traditionnels a "communiquer numériquement"

    L'articulation TIC - Communication traditionnelle

    Une fois ces deux concepts mis en parallèle bien cernés, les forumistes ont tenté, avec des fortunes diverses, de les articuler, de les mettre en synergie par une appropriation des TIC par les communicateurs traditionnels dans le but de promouvoir la lutte pour l'abandon de l'excision. Pour Maty Cisse, c'est enfoncer une porte ouverte que de parler de cette appropriation puisqu'elle la trouve déjà effective du moins pour la classe dite des jeunes communicateurs traditionnels qui sont à l'ère du numérique. A ce titre elle conforte les forumistes qui suggèrent l'utilisation, par les communicateurs traditionnels, de la radio et de la télé (émissions thématiques interactives), de l'ordinateur et d'Internet (Email, web, forum, blogs, etc.), d'outils divers comme le porte voix (haut parleur), le cinéma populaire (projection publique de films, le théâtre et les sketches, les CD-DVD et autres supports amovibles pour diffuser les messages. A ce titre nos amis de l'association

    Mousso Dambe suggère:
    - les repiquages des dires du communicateur traditionnel en vue de les immortaliser, et qui peuvent servir même à son absence (exemple du cas des leaders religieux tels que Haïdara au Mali et Jaffar au Burkina) ;

    - l'organisation de rencontres publiques ou d'émissions radio et télé interactives animées par les communicateurs traditionnels (ce qui peut permettre aux zones les plus reculées d'accéder aux séances d'informations sensibilisations).

    - d'aider le communicateur traditionnel qui ne sait comment se servir ni du téléphone, ni de l'Internet, au cryptage de ses idées et de ses conseils en faveur de l'abandon des MGF ;
    - des moyens de déplacement équipés de haut-parleur, qui, mis à la disposition du communicateur traditionnel, lui permettra d'atteindre le maximum de populations cibles ;

     

    Thème 6 :"Applications de tic pour les jeunes : la couche MGF " du 08/10/2007 au 28/10/2007, lancement par Fatimata Seye Sylla (Book Jàng)

    Les différents types de TIC et leur convergence

    Les TIC ne sont que des outils c'est-à-dire des objets finalisés qui sont utilises pour augmenter l'efficacité naturelle d'une personne dans l'action. Elles peuvent être un téléphone fixe ou portable, un fax, un ordinateur avec ses accessoires (clavier, écran tactile ou non, imprimante, scanner, camera numérique, CD Rom, DVD, disques durs ou amovibles, vidéo projecteur, IPOD, etc.), une radio, un téléviseur. La convergence (combinaison) des TIC et notamment des moyens de télécommunication et de l'informatique a produit l'avènement de l'internet. La radio, la télévision, les photos numériques, le téléphone, l'ordinateur, nous permettent de communiquer sur internet.   Les sites web permettent de mettre en œuvre cette convergence en combinant texte, images, video, voix, radio, télévision, téléphones avec des communications interactives. 

    Les centres Multimédia Communautaires (CMC) combinent internet et radio communautaire pour  produire des contenus locaux crées sur place ou importes a partir d'internet selon les préoccupations des populations qui participent aux émissions par lettre ou téléphone ou courrier électronique.  Les CMC sont en général implantes dans des zones rurales avec ou sans électricité et les 3 pays cibles dans la recherche TIC-MGF sont bénéficiaires de ce programme de l'Unesco.


    La couche MGF est une gamme additionnelle de services de TIC portant sur les MGF. La préoccupation majeure dans ce forum se situe au niveau des zones excisantes qui n'ont pas accès à l'électricité et/ou à l'internet.  Avec la radio, la télévison, l'énergie solaire, le téléphone portable,  les jeunes peuvent définir les messages qu'ils peuvent véhiculer pour contribuer à l'abandon des MGF.

    Il est reconnu que les jeunes sont les plus grands utilisateurs du telephone portable dans nos pays et de plus en plus de prestataires de services TIC ciblent les jeunes principalement. C'est le cas de Tabou Communication au Sénégal qui développe des services de téléchargements de musique sur les téléphones portables. Tabou Communication organise des jeux concours avec les SMS, en partenariat avec les operateurs de téléphones et les chaines de télévision sur des thématiques diverses. Elle fait aussi des compagnes publicitaires pour les autres sociétés de services pour la promotion de leurs produits et ces dernières font des offres gratuites aux gagnants sous forme de cheques et/ou de produits. Dans le même ordre d'idées, des émissions radiophoniques et/ou télévisuelles peuvent être organisées sur la thématique MGF ou des questions seraient administrées aux jeunes et des cadeaux substantiels prévus pour les gagnants.

    Pour trouver les moyens, les jeunes peuvent compter sur la responsabilité sociale des sociétés privées évoluant ou non dans le domaine des TIC. Aujourd'hui, pour se faire une légitimité sociale, de plus en plus d'operateurs des TIC font des oeuvres sociales pour aider le développement des communautés et vont jusqu'à créer des fondations. Au Sénégal, la fondation Sonatel sponsorise des activités de jeunes dans le domaine du sport, de l'éducation, de la fête de l'internet, etc. La société CCBM a accompagne la caravane multimédia de sensibilisation sur les enjeux de l'internet au Sénégal en donnant des lots de produits laitiers aux jeunes participants. Les sociétés étrangers HP, Nokia, Motorola, WorldSpace aussi se font remarquer dans cet élan de solidarité dans les pays africains en participant a des programmes ou elles contribuent en donnant des équipements TIC (téléphones portables, radio numérique et ordinateurs) et en participant a la formation des jeunes

    Ainsi, par rapport aux MGF, les operateurs telecom pourraient offrir des informations gratuites sur la problématique, les lois, les zones excisantes, celles qui ont abandonne, les acteurs clés, etc., en mettant a leur disposition un numéro MGF par exemple. Les prestataires de services TIC pourraient intégrer dans leurs services des jeux concours par SMS destines a mieux sensibiliser les jeunes sur le problème et les inviter a prendre action ou a proposer des activités pour eux-mêmes. Comme activités de jeunes pourraient proposer des logo, des slogans, des phrases musicales, de rap, etc. que les prestataires pourraient offrir comme services a télécharger dans les téléphones portables par exemple. Les jeux concours se feraient à travers les radios et télévisons et les prix pourraient être offerts par les operateurs télécom ou toute autre structure privée ou publique sensibilisée sur la question. Les logo retenus par les jeunes pourraient être imprimes sur des T-shirts, casquettes, foulards et autres gadgets publicitaires et les sociétés privées sensibilisées et agences gouvernementales se feraient le plaisir de les sponsoriser.

    Au niveau des services publiques, avec la e-administration, le site web du gouvernement pourrait avoir des informations sur les MGF avec les lois, les communautés a tradition excisante, les informations démographiques, économiques et culturelles, les acteurs et actrices qui oeuvrent pour l'abandon des MGF, notamment les jeunes engages dans des activités citoyennes en rapport avec les MGF, etc.
    Au niveau de la société civile, les jeunes des villes et des zones excisantes peuvent créer un réseau dont l'objectif serait de contribuer a l'abandon des TIC (déjà, avec ce forum, beaucoup de jeunes se sont identifies et engages).  Avec les espaces gratuits dont ils peuvent disposer sur internet, créer un site web sur les MGF.  Ils pourront y inclure toutes les rubriques qui leur semblent pertinentes, un espace de blog ou ils pourront discuter de tout y compris la sexualité, un espace de dialogue ou les adultes avertis seraient consultes, etc. avec des images, des sons,... Pour la collecte et la diffusion des informations au niveau des zones non connectées, les SMS et les radios communautaires qui sont souvent animées par des jeunes, pourraient servir de relais, mais également des déplacements devraient être prévus, surtout pour les informations sensibles.
     

    Synthese thématique N° 6 : "Applications de tic pour les jeunes : la couche MGF "

    Le thème : « Applications TIC pour les jeunes : La couche MGF » brillamment introduit par Mme Fatimata Seye Sylla Présidente Bokk Jang Bokk Jeff. présente tout d'abord les différentes formes de TIC et leurs possibles combinaisons avant de faire un tour d'horizon détaillé des usages possibles de ces TIC pour l'abandon de l'excision et plus généralement des MGF. Vos contributions aussi nombreuses et diversfiées qu'elles sont, ont toutes porte sur les aspects fondamentaux ci-dessous:

    Quelles TIC ?
    Sur cette question les participants se sont quasiment tous accordes sur le fait que TIC n'était pas synonyme de Informatique ou d'Internet et que par conséquent, il existe plusieurs formes de TIC. Le concept a été fort heureusement compris, comme « … tout ce qui permet de renforcer ou contribuer à l'acquisition parfaite d'information à la faveur des personnes. » Les forumistes ont recense dans cette catégorie la radio, la télévision, l'ordinateur et ses applications, la téléphonie (fixe comme portable) et ses usages possibles, Internet (portails web, blogs, messagerie, forum électronique). Ils n'ont pas aussi manque d'y ajouter de souligner les combinaisons possibles de ces TIC comme la Radio ou la télé et les SMS.

    Radio communautaire et Télévision
    Les participants ont proposé la création d'émissions interactives radio et télévisuelles permanentes de sensibilisation, d'éducation et d'information. Celles-ci pourraient être sponsorisées par des entreprises partenaires qui seraient démarchées à cet effet. Les émissions pourraient être combinées avec l'utilisation de téléphones portables notamment la fonction sms pour organiser, entre autres, des jeux et questionnaires sur l'excision sanctionnes par l'octroi de prix comme des casquettes, des tee-shirt, des bics des foulards des porte-documents, des autocollants … estampillés avec des messages de sensibilisation. Pêle-mêle, des propositions ont été faites à ce titre, du genre :
    - Animation musicale sur l'excision tel que faite par plusieurs artistes aujourd'hui, en profiter pour la thématique excision dans leurs programmes
    - Tribune religieuse : impliquer les jeunes religieux et le thème de l'excision
    - Tribune sportive : profitons en,
    - Jeux de culture générale et de sponsoring, couverture médiatique, et insérer le thème de l'excision a toutes ces occasions
    - Créer des émissions radiophoniques du genre « voie des jeunes » et
    - Création de journaux "jeunes - excision, rôle citoyen") en ligne,
    - Collaborer avec les radios pour la diffusion de spots publicitaires aux heures de grande écoute

    Internet
    Puissant medium de communication Internet constitue aujourd'hui un outil incontournable pour toute action visant à diffuser de l'information dans la sphère la plus large possible, de manière instantané et à moindre coût, en témoigne l'exemple de notre présente liste. Cette dernière (notre liste) a été retenue comme un exemple concret et vivant d'utilisation des TIC dans le cadre de la lutte pour l'abandon de l'excision. Des voix se sont élevées, saluant l'initiative et suggérant de réfléchir sur les voies et moyens de la rendre pérenne.
    L'idée de la création d'un portail web sur excision qui centralisera toutes les informations relatives aux MGF (historiques de la lutte, les formes de MGF, les méfaits des MGF, récits d'expériences désastreuses, les acteurs de la lutte, les résultats de la lutte, .......), largement discutée lors d'une précédente thématique, est réapparue avec force. A ce titre des informations de tous ordres, religieux (position des religions sur l'excision), juridique et législatif (textes juridiques et réglementaires), statistique, institutionnel, étatique, socio-économique, etc. ont été préconisées.

    Pour Moussa Soumare "Il faut aussi inciter les jeunes a créer des blogs personnels et à parler de l'excision entre eux. On peut aussi créer des slogans et demander a ceux qui s'intéressent à la lutte de l'afficher sur leurs pages d'accueil comme le port du brassard rouge". L'intégration de fonctionnalités comme l'utilisation de « pop up » et de « plug in » pour mettre des informations relatives à l'abandon des MGF, de même que l'utilisation de quiz pourraient être organisés sur le site en cours d'ouverture pour mettre en compétitions les internautes avec, à chaque fin de semaine ou de mois, la désignation d'un gagnant.

    Téléphonie fixe et mobile
    La téléphonie, surtout mobile, est entrain de supplanter toutes les autres formes d'outils de communication aujourd'hui disponibles. A titre d'illustration, à la fin de l'année 2006 l'Afrique comptait près de 50 millions d'abonnes avec un taux de pénétration estimés à 34% à la fin 2011. Les jeunes, qui constituent essentiellement notre cible, sont les plus grands utilisateurs de cet outil. Ils préconisent dans leurs contributions :
    - de créer régulièrement des messages à faire suivre et les lancer dans le réseau surtout pour dénoncer des pratiques clandestines
    - la création de jeux dotes de prix avec les opérateurs téléphoniques sur l'excision
    - la collaboration avec les compagnies de téléphonies pour l'envoi groupe de sms aux abonnés de leurs réseaux respectifs, porteurs d'informations relatives aux MGF et à leurs effets négatifs.
    - L'utilisation de numéros verts gratuits surtout pour la dénonciation des pratiques clandestines

    Autres TIC
    Les autres formes de TIC n'ont pas été laissées en rade. Il a été recommande d'« enregistrer des actions de sensibilisation et d'éducation sur des supports comme les cassettes, les DVD, les MP3 et MP4 et de les distribuer aux populations cibles » Ainsi les barrières comme l'accès a Internet ou la disponibilité de crédit téléphonique pour les téléphones portables pourraient ainsi être amoindries. A titre d'exemple, « le portail pourrait être enregistrer sur des supports amovibles comme des DVD et remis a ceux qui n'ont pas accès a Internet et là on peut bien mettre les trucs en langues nationale. »

    Mise en oeuvre et moyens requis
    La mise en oeuvre efficiente de toutes ces actions exige une approche bien cible et des moyens assez importants qu'il va falloir trouver. Mme Malet suggéré a ce titre, entre autres, trois moyens :
    - Mise en place de programme de sensibilisation des décideurs pour favoriser l'accélération des infrastructures nécessaires pour l'accès aux TIC (électricité, télé densité, sauts technologiques, etc.),
    - Plaidoyer des collectifs de jeunes auprès des décideurs pour favoriser l'accélération des infrastructures nécessaires pour l'accès aux TIC (électricité, télé densité, sauts technologiques, etc.),
    - Mise en place de systèmes de financement et augmenter l'accès à des ressources matérielles à prix modique par le développement et la coopération (ex: récupération de matériel, réduction des coûts d'acheminement du matériel, etc.)

     

    Thème 5 :"TIC et participation citoyenne des jeunes : obstacles et opportunites" du 17/09/2007 au 7/10/2007, lancement par Roguiyatou Thiam ( GEEP)

    Actuellement inscrite a l'Université d'Orléans, je suis doctorante en droit prive et ma thèse porte sur le droit naissant que constituent la propriété intellectuelle et les nouvelles technologies de l'information et de la communication en Afrique de l'Ouest. La question des MGF-TIC m'interpelle au premier plan dans la mesure où elle constitue une part non négligeable dans mon travail de jeune chercheure. Il s'agira pour moi d'aborder ici la question des obstacles et des opportunités de la participation citoyenne des jeunes dans la lutte contre les MGF par le biais des TIC. 

    Se sont bien évidemment posées les questions concernant les articulations possibles entre les MGF et les TIC. Ainsi, il apparait clairement que toutes les formes de communications engagées pour y mettre fin ont contribue a la prise de conscience des populations pour tout ce qui concerne leurs effets néfastes sur les fillettes, jeunes filles et femmes. Dans le cadre de la lutte contre ces pratiques, les jeunes ont pu être informes voire sensibilises grâce a différents canaux traditionnels de communication tels que les moyens audio visuels, l'expression écrite, théâtrale… Les TIC constituent des outils favorables au développement de l'expression citoyenne des jeunes, puisqu'elles permettent théoriquement a tous de s'exprimer directement de manière interactive en se libérant des pesanteurs liées aux infrastructures et équipements des modes traditionnels de communication (radio, télévision, etc.) . Cette prise de  conscience doit désormais conduire à l'adoption par tous d'un comportement citoyen pour éradiquer ce fléau.

    La question de la citoyenneté est perçue de façon assez floue. La plupart des gens, à part le recours au droit de vote, n'ont pas grande idée de ce que représente la citoyenneté. Pourtant, dans les recherches de terrain, et au cours du forum, il est clairement apparu que les jeunes des communautés, avaient un comportement activement citoyen, y compris en matière de  sexualité et d'excision.

    Concerne la citoyenneté tout ce qui est la gestion publique des affaires, y compris celles qui, souvent, sont comprises comme des questions "privées" (c'est-a-dire qui touchent au droit de la famille, et a la sexualité : par exemple le viol, la violence conjugale, l'inceste, etc.). L'excision a longtemps été considérée comme une affaire "privée" qui ne regardait pas le public, ce qui fait qu'elle a longtemps perduré dans l'ombre, c'est seulement grâce a l'action des missionnaires, puis des personnels médicaux, puis des féministes que la question de l'excision a été introduite dans la sphère publique ce qui a conduit les pouvoirs publics a se sentir obliges de prendre des mesures. On peut citer les réflexions de Awa Thiam dans Paroles aux régresses des les années soixante dix.

    Les travaux d'analyse documentaire et de recherche de terrain ont montre que les jeunes, même s'ils se sentent écartes de la sphère de décision publique, et souvent utilises plutôt qu'acteurs dans les interventions sur l'excision, ont quand même un rôle citoyen sur l'excision car ils fréquentent des clubs et associations, ils prennent l'initiative de parler en public (y compris de manière mixte, c'est a dire entre jeunes hommes et jeunes femmes) de la question de l'excision, quitte a endurer des réprimandes, la marginalisation de la part des adultes.

    L'un des obstacles majeurs semble être l'exclusion et la non participation des jeunes au processus décisionnel, ils sont largement ignores des politiques de prévention. Ils ne sont pas informes, pas consultés et se voient imposes des choix faits par les plus âgés, quels qu'ils soient. Par ailleurs, quelque soit leur niveau d'implication, se pose toujours la question des moyens (humains, matériels et financiers) devant permettre aux  jeunes d'agir et/ou de faire aboutir leurs projets. Et leur manque d'expérience est souvent mis en avant par les plus âgés pour ne pas tenir compte de leurs avis. De plus, il n'existe pas réellement d'instance institutionnelle des jeunes leur permettant de faire valoir leurs opinions et points de vue aux institutions dirigeantes.

    Cela dit, l'un des résultats marquants de la prise de conscience de la nécessité de la participation citoyenne des jeunes est l'existence même de ce forum. Que ce soit au Mali, au Burkina, au Sénégal, en Afrique de l'ouest… les jeunes qui ont été interpelles ont donne leurs avis en étant parfaitement conscients que toute évolution sociale ne peut se faire qu'avec leur participation et contribution.

    L'amélioration comportementale des femmes de la  région de Malicounda Bambara est la preuve que le changement de mentalité est possible. De mon point de vue, c'est réalisable d'autant plus que j'ai évolué au sein des clubs d'éducation à la vie familiale (EVF), j'ai eu à gérer le réseau des clubs de la région de Dakar entre 1997 et 1999. Les camps de vacances organises par l'ONG le Groupe pour l'Etude et l'Enseignement de la  Population (GEEP) nous ont permis de nous rendre compte qu'aucune société n'était figée sur ses coutumes et traditions. Il suffit de parvenir à lui faire accepter que la nouvelle démarche proposée soit celle qui lui permettra de s'épanouir et donc de mieux vivre. Et les TIC ont été notre instrument principal de sensibilisation (projection de films, émissions radios, radio-crochets,  équipement en outils informatique et vulgarisation de l'Internet…). Nous nous sommes rendus dans des zones rurales reculées pour nous former et informer les populations locales sur les questions de sante de la reproduction considérées comme taboues dans ces milieux (sexualité des adolescents-tes, grossesses précoces, MGF, IST-MST/VIH…). Le travail réalisé depuis par le GEEP dans l'espace scolaire et en direction de la communauté correspond à celui d'une véritable introspection.

    Dans le cadre des perspectives réalisables pour promouvoir la lutte contre l'excision, l'idée retenue d'un portail web est très intéressante et permettra de toucher un public très large (pour ceux qui ont la possibilité d'y accéder). Autrement, il me semble intéressant de poursuivre les actions de toutes ces ONG (GEEP, Tostan…) par une sensibilisation de proximité.

    La participation des jeunes est une nécessité car elle présente de nombreuses opportunités. Ils sont une source d'inspiration et d'idées nouvelles de par leur vivacité, leur curiosité et leur créativité (qu'il faut prendre en compte), ils peuvent trouver les moyens d'exprimer leur sensibilité et s‘impliquer dans des projets sur le long terme. Assurant actuellement la relève des générations, surtout en terme de citoyenneté, ils peuvent être d'importants acteurs de changement, et disposent de facilites et d'outils spécifiques a leur tranche d'âge.

    Il reste indéniable que tous les jeunes en tant que citoyens sont des vecteurs de connaissances et agents de changement social, ce qui implique en tout état de cause leur devenir d'hommes et de femmes responsables.

    Synthese thématique N° 5 : "Tentatives et experiences d'utilisation des TIC dans le cadre de l'excision"

    Nous venons de boucler trois semaines de discussions tres fructueuses sur le thème :  « TIC et participation citoyenne des jeunes : Obstacles et opportunités » introduit de fort belle manière par Roughiatou Thiam de l'ONG GEEP. L'équipe de projet, par ma voix, lui adresse ici tous ses remerciements les plus chaleureux. En effet, apres avoir bien amené et posé le sujet, son texte commence par présenter une perception constatée, assez «nébuleuse » de la notion de citoyenneté souvent ramenée au simple exercice du vote avant de s'essayer à une tentative de définition du concept (…tout ce qui est la gestion publique des affaires, y compris celles qui, souvent, sont comprises comme des questions "privées" …) pour finir par l'articulation TIC-MGF et les obstacles qui s'y opposent. Vos contributions ont toutes été axées sur les trois aspects essentiels ci-dessous qui ont été clairement dégagées dans l'intitulé de la thématique.

    Notion de citoyennete : Plusieurs participants nous ont gratifiés d'essais de définition de la notion de citoyenneté non sans oublier de citer comme exemple la participation volontaire, spontanée et bénévole des jeunes à ce présent forum. C'est le cas de Moussa Soumare qui dans son message du 28 septembre affirme : « … on peut dire que ceux qui participent à ce forum sont entrain de jouer un rôle citoyen puisque à ma connaissance ils ne sont pas payés pour et ils sacrifient leur temps et leur argent pour servir les autres… ». Pour sa part Sokhna Mbaye définit la notion de citoyenneté non pas uniquement sous l'angle juridique mais aussi « …comme une participation a la vie communautaire.... ». Elle pense que les rôles à jouer par les citoyens n'ont aucun caractère obligatoire, « …ils sont libres de choisir de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique… »

    TIC et MGF : L'articulation TIC MGF a ete percue par la quasi-totalité des forumistes comme  une nécessité de premier ordre. Les TICs ont un rôle eminemment important dans les actions de lutte pour l'abandon des MGF, notamment celles liées à l'education, l'information et la sensibilisation des communautés excisantes. Elles constituent aussi un puissant outil de diffusion et de propagation de l'information. C'est ce qui fait dire à Babacar Gueye que « Les TICs peuvent jouer un role de sensibilisation et surtout d'éveil dans le domaine public pour dire au jeune qu'il est responsable dans la gestion des affaires publiques, et qu'il doit assurer de suivi et d'avancement pour le développement de la nation. Les TICs peuvent aussi servir à tout un chacun, notamment au bon citoyen et aux autorités étatiques, de montrer aux autres c'est quoi la nation? et que la nation appartient à tout le monde…Les TICs peuvent servir aussi pour augmenter la visibilité et la connaissance des lois et de la constitution. Celui qui veut être un bon citoyen doit d'abord commencer par connaitre sa nation. Ainsi mettre en place des émissions télévisées ou radiodiffusées qui pourront inciter l'habitant de la cité(localité) à savoir plus sur la n